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Satire réjouissante sur la mode et manifeste culte de Cadinot, « Press Book » seulement sur Pinkflix sur PinkX.EU

Story Highlights

  • En 2004, nous n'avions pas osé l’interroger sur le caractère autobiographique des personnages du photographe et du directeur de l'agence. Tout juste lui avions-nous demandé si, comme le laissent entendre Press Book et plusieurs autres de ses films, il faut coucher pour réussir. Voici sa réponse, subtile, qui prend parfois des accents intimes et inédits : Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas en couchant qu'on réussit. C'est quand tu couches avec quelqu'un qui a envie de te revoir. C'est quand il te trouve un intérêt quelconque. J'ai couché avec des gens très haut placés dans la production cinématographique ou l'écriture. Mais jamais ils n'ont été dés éléments de ma réussite. 

Tels la pornographie, l’escorting et le striptease, la mode fait-elle partie de l’industrie du sexe ? Cadinot répond OUI dans « Press Book« , film sorti il y a 22 ans, avec au casting un new cumer russe Ramzes Kairoff qui deviendra la super porn star et producteur Michael Lucas. À retrouvez dès maintenant en illimité sur PinkX.EU.

Press Book (1996)
Petit ami du mannequin Benjamin Burgit, Antoine Mallet vient le rejoindre dans l’agence qui l’emploie. Il y rencontre le photographe Quentin Dornonville et découvre son nouveau press-book. Antoine n’est pas impressionné car il préfère son chéri au naturel. La veille au soir du départ de Benjamin à Amsterdam pour un shooting photo, il le prouve en se donnant à lui passionnément… – Photos : Press Book / Cadinot 
 

Cependant, Quentin et son boyfriend Kurt Grunberg remontent les Champs-Élysées pour gagner le bois de Boulogne, haut lieu de la prostitution masculine. Ils arrêtent leur voiture à coté du tapin Marco Ferre. En contrepartie d’une certaine somme, ce beau brun se dit prêt à les baiser tous les deux. Quentin veut d’abord tester la marchandise et le suce. C’est bon. Les trois se retrouvent dans l’appartement du couple, très branché godes. Kurt aimera aussi bien s’empaler dessus que sur le chibre de Marco. Quentin s’avèrera plus mateur qu’acteur. Après avoir joui, les trois feignent de s’endormir dans le grand lit. Mais Marco quitte les lieux en faisant le moins de bruit possible et vole le bracelet en or que montrait ostensiblement Kurt. Le pauvre. Il s’est fait avoir. « Qu’est-ce qu’ils sont cons ! Encore un de niqué ! » s’exclame Quentin à Kurt dès lors que le tapin est parti. Pervers, ils ont acheté à 10 francs le kilo des breloques dorées et les putes qu’ils se font – et qu’ils ne paient pas immédiatement -, tombent dans le panneau ! – Photos : Press Book / Cadinot  

Assisté par Julius Rothweiller qui vient toujours en retard, le directeur de l’agence de mannequin, le viril Alexandre Vergeau, est en rendez-vous avec le styliste Julien Beauchamps. La passoire assortie de bretelles qui sera le vêtement phare d’un prochain défilé de sous-vêtements masculin le laisse dubitatif : « Admirable ! C’est d’une beauté ! Mais pas commode à porter !!! » Le styliste lui répond catégoriquement : « Fétichisme, souffrance, mutilation, érotisme, c’est ça la mode ! » OK ! 🙂 Est alors invité à entrer un premier mannequin, John Stranger. « Qu’as-tu déjà fait ? », lui demande Alexandre. « J’ai fait de la photo, de la figuration et des défilés. J’ai aussi tourné pour Cadinot. » À ce nom, le styliste répond péremptoire : « Ah ça, c’est mauvais pour ta carrière ! » Le mannequin prend en main la passoire et lui lance : « Et poser avec ça, c’est pas aussi mauvais pour ma carrière ? Vos sous-vêtements sont dignes d’un sex-shop de Pigalle. » « Sex-shop peut-être, mais des Champs-Elysées. » précise avec une assurance de premier de la classe le styliste. Le directeur de l’agence tente de calmer l’atmosphère par la justesse de son propos : « Raison de plus. S’il a posé pour Cadinot, il mettra bien en valeur votre quincaillerie. Préparez-moi un essai photo et vidéo. » Et alors que le styliste et l’assistant quittent le bureau, Alexandre pousse son interrogatoire plus loin :
« Tu mesures combien ? »
« 1,79 m. »
« Laisse tomber les 1,60 m et voyons les 19 cm. » Et le mannequin, qui ne joue pas à la vierge effarouchée, déloge de sa braguette une très grosse bite.
« Oh, mais ça fait au moins 23 cm. »
« Non, seulement 22 cm. »
« Et modeste avec ça. Ça, s’est un vrai passeport pour le succès. Tu as un très bel avenir devant toi… »
Et de son slip Calvin Klein, le directeur de l’agence exhibe également une bonne queue épaisse. Les deux hommes se sucent, se branlent , s’embrassent et éjaculent ! – Photos : Press Book / Cadinot
 

Dans la salle d’attente décorée de photos en noir et blanc d’hommes nus, deux autres mannequin attendent leur tour : Giuseppe Velli et Ramzes Kairoff. Chacun montre à l’autre son press-book quand le directeur fait entendre un tonitruant : « Au suivant ! »… – Photos : Press Book / Cadinot 

Quentin teste la photogénie des mannequins de l’agence. Juste avant de commencer sa séance avec John, il lui demande s’il a le trac. « Non, jamais ! », lui répond le Black. Ce à quoi Quentin ajoute perfide : « T’inquiète pas, ça viendra avec le talent ! » Un constat s’impose pourtant : John porte très bien la passoire. Et mieux encore, il sait en jouer pour dévoiler sa bite énorme tout en s’empalant sur un gode ! – Photos : Press Book / Cadinot  

Amsterdam. Benjamin marche d’un pas pressé le long des canaux et, au croisement d’un passage, il se cogne contre un pâtissier, Fernando Leone, et sa pièce montée. Tous les deux se retrouvent recouverts de crème. Mais ce n’est pas grave. Fernando offre son hospitalité à Quentin pour qu’il puisse laver son imper. Le physique de Fernando, qui s’est mis à poil pour laver ses propres vêtements, ne laisse pas indifférent le mannequin français. Ni les affiches de films et d’acteurs qui décorent le lieu : Jean-Luc Van Damme, Rob Lowe, James Dean, John Travolta, Silvester Stallone… Tout cela fait très gay. Son intuition ne le trompe pas et la grosse bite brune de Fernando lui fait oublier son cher et tendre Antoine resté à Paris… – Photos : Press Book / Cadinot

Paris, la nuit, au bureau du directeur de l’agence de mannequin. Seul, mais émoustillé par les photos de modèles – qu’il a tous testés ? -, Alexandre fantasme et se branle… – Photos : Press Book / Cadinot 

Le matin, chez le couple Quentin/Kurt, les godes et boules de geisha sont à l’honneur. Au début manipulés par Quentin, ils dilatent merveilleusement l’anus de son mec. Et quand ce dernier se les enfonce lui-même, Quentin photographie l’anus devenu béant en se masturbant. L’amour qu’éprouvent les deux hommes semble consolidé par le vice. Il y a pourtant une limite. Alors que Quentin est parti de l’appartement, Kurt découvre cachées derrière la glace de la salle de bains des photos perso sexuels de son chéri avec d’autres types. Il ne le supporte pas et se casse… – Photos : Press Book / Cadinot

Ignorant encore que son couple est dead – il n’y avait pas de texto à l’époque 🙂 -, Quentin déambule dans les rues parisiennes quand il reconnaît dans un salon de coiffure Antoine, le boyfriend de Benjamin. Le séduisant jeune homme y est coiffeur. Avec une idée derrière la tête, Quentin entre, lui demande une coupe et le branle en toute discrétion car ils ne sont pas seuls dans le salon. Antoine essaie de rester impassible et pro… – Photos : Press Book / Cadinot 

En quittant le bureau du directeur de l’agence, le styliste Julien Beauchamps avait repéré Giuseppe et lui avait donné sa carte professionnelle. Le mannequin l’a contacté et se retrouve dans son atelier. Il fait des essayages et sa bite en érection invite Julien à avoir la main baladeuse. Pas farouche, Giuseppe se laisse faire et accompagne le mouvement. Gorge profonde, il se fait enculer facile. Après avoir tiré son coup en lui sauçant la croupe, Julien le complimentera : « C’était parfait. Tu feras un excellent mannequin ! » – Photos : Press Book / Cadinot 

De retour chez lui, Quentin découvre la lettre d’adieu de Kurt à côté des photos compromettantes. Il a un choc. Il trouvera toutefois du réconfort auprès d’Antoine dont la queue épaisse le fera jouir de la prostate… – Photos : Press Book / Cadinot

De retour à Paris, Benjamin retrouve dans l’agence Kurt, légèrement vêtu, en train de jouer au flipper, visiblement énervé. Quand le beau blond lui apprend que c’est fini entre lui et Quentin, il lui répond que ça ne le regarde pas. Par contre, il ne peut rester insensible à sa chute de reins et il le saute sans hésitation… – Photos : Press Book / Cadinot 

Après avoir baisé Quentin, Antoine s’est laissé prendre en photo et vu proposer d’être mannequin pour le défilé de sous-vêtements. Il a accepté. Et le jour J, c’est la grosse partouze en backstage… Les modèles et le photographe attitré finiront même par s’embrocher en mimant la danse mémorable du clip de Saga Africa de Yannick Noah… – Photos : Press Book / Cadinot

Et après ces réjouissances, place au défilé et à ses tenues hyper sexuelles. Le final se clôt avec l’arrivé du créateur (Jean-Daniel Cadinot) qui, manifestement, s’approprie le travail des stylistes… – Photos : Press Book / Cadinot

Le pinkplus : Constamment comparées aux productions américaines de Falcon qui, au début des années 1990, faisaient une entrée fracassante sur le marché français via le vépéciste IEM (lire ici), les œuvres de Cadinot apparaissaient bien souvent comme « rétro ». Et si son nom était beaucoup plus connu que celui de ses modèles, lui-même refusait de se montrer, ce qui nourrissait des rumeurs. Press Book marqua ainsi un double tournant : non seulement le sujet du film sur le milieu de la mode était très actuel – on était en plein dans le phénomène des top modèles, photographes et créateurs – et Cadinot lui-même se montrait à la fin du film. Ce qui n’a pas fait taire les rumeurs. Voici ce qu’il nous avait confié lors d’une rencontre en 2004:

« Je n’ai jamais aimé mon physique et je m’étais naturellement protégé derrière la caméra. Longtemps on a donc cru que « Jean-Daniel Cadinot » était un nom fabriqué et que se cachaient deux/trois réalisateurs différents. D’autres disaient que j’étais mort, tout ça parce que le style, justement à l’époque de « Press Book », avait changé. Mais je n’allais pas faire toute ma vie des films rétro. Je ne suis pas resté bloqué aux années 1960. Il ne faut pas pousser. Alors un jour j’ai voulu changer de style et pour beaucoup ça a choqué, surpris. « C’est pas un film de lui ! », « Il est mort ! », « C’est son assistant ! »… C’était des choses qu’on a entendues … »
Cadinot

Cadinot a décidé de se montrer dans un film où justement il parlait de choses qu’il connaissait, dont il pouvait parler facilement. Avant d’être réalisateur, il fut un photographe renommé dans le nu masculin. Il avait en outre touché un public plus considérable en travaillant dans les années 1970 pour le magazine Podium de Claude François. Pour des couvertures de disque, il avait shooté des chanteurs tels qu’Alain Chamfort, Guy Bonardot, Patrick Arnault et Pascal Auriat. Et il a contribué aux press-books de jeunes comédiens, dont plusieurs sont devenus des stars, comme Nathalie Baye.

En 2004, nous n’avions pas osé l’interroger sur le caractère autobiographique des personnages du photographe et du directeur de l’agence. Tout juste lui avions-nous demandé si, comme le laissent entendre Press Book et plusieurs autres de ses films, il faut coucher pour réussir. Voici sa réponse, subtile, qui prend parfois des accents intimes et inédits :

« Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas en couchant qu’on réussit. C’est quand tu couches avec quelqu’un qui a envie de te revoir. C’est quand il te trouve un intérêt quelconque. J’ai couché avec des gens très haut placés dans la production cinématographique ou l’écriture. Mais jamais ils n’ont été dés éléments de ma réussite. »
Cadinot.

Et Cadinot d’évoquer sa relation amoureuse avec l’écrivain Yves Navarre, qui eut le prix Goncourt en 1980 pour Le jardin d’acclimatation.

« Quand je l’ai rencontré, 1) personne ne le connaissait et 2) Il tirait ses revenus en tant que publicitaire. Après le Goncourt, on a continué de ce voir. Yves était un garçon pour lequel j’avais beaucoup de respect. Il était très compliqué et perturbé, mais il avait le courage de ses opinions et de ce qu’il aimait. Ce n’était pas une honteuse qui ne s’assumait pas. Ce n’est pas le fait d’avoir couché avec ces gens-là – qui ne savaient pas qui j’étais ou qui l’ont su après – qui m’a fait réussir. Car j’ai réussi indépendamment d’eux. Au contraire, je me suis servi de mes relations pour un jour demander à Yves de poser nu dans « In » alors qu’il avait le Goncourt. Il a accepté.
Maintenant, quand on a des relations de couchaillerie, ça peut te faire évoluer. Si les gens que tu rencontres sont d’un niveau supérieur. Par leur savoir, leur fréquentation… C’est vrai, ils peuvent te faire évoluer. Te faire mieux te tenir à table, t’apprendre des choses extraordinaires.
Par exemple, j’ai rencontré un directeur de production. Il habitait un petit studio, il était sublimissime et tout et tout. Un jour je le revois pour lui dire bonjour. On ne baisait même plus ensemble. On était copines. Il adorait me fréquenter car j’étais original, hors du commun. On regarde une émission de variété. On voit une artiste qui chante dans une serre tropicale. Il y a un travelling. Je ne faisais pas encore de film, c’était en 1974-1975. Je ne savais pas qu’un jour j’allais tenir une caméra. Mais c’est là encore la fréquentation de ces gens-là qui te donne une exigence. « Regarde ! », m’a-t-il dit. « Il travaille caméra à la main en marche arrière. Il n’y a pas de tremblement. » C’était ce mouvement arrière de la caméra qui l’intéressait car il n’y avait ni trace de colle, ni de rails. Ça aussi ça m’a appris à regarder au-delà de l’image. Et d’un seul coup on reprend notre conversation et, au moment du générique, il avait pris un crayon et noté le nom du cameraman. Quand tu vis ça dans l’intimité de quelqu’un qui a un vrai poste de direction, t’as même plus besoin de coucher. Alors c’est vrai, nous avions couché avant. Mais ce n’est pas le fait de coucher avec quelqu’un qui te fait réussir, c’est simplement si cette personne te trouve du charme, a envie de te revoir et que tu te retrouves dans une intimité qui, d’un seul coup, t’inspire. Ce qui m’a toujours motivé, c’est d’être à la hauteur de ces gens-là ! »
Cadinot
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