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Rencontre avec Jack l’homme qui fait bouger le marais depuis 20 ans !

Nous avons rencontré Jack, il nous a parlé de toute son aventure dans les nuits parisiennes! De ses débuts au moustache, de la création des follivores. Revivez plus de 20 ans d’histoire des nuits du Marais!

Bonjour Jack, peux-tu nous raconter comment tu as commencé ?

J’ai commencé en 1984 au café « Moustache » j’avais 21 ans, c’était le rêve. Quand tu viens de
province, il était difficilement imaginable que des mecs puissent s’embrasser dans la rue, s’habiller en
cuir. Paris était vraiment une planète magique, c’était Disneyland pour moi. Puis le cauchemar SIDA
arrive, d’un seul coup des gens qui te sont proches disparaissent. Tu te demandes où est le client que
tu as servis la veille… et deux clients, trois clients et 100, oui ça fait bizarre, c’était très difficile pour
nous tous !
Je sortais avec un barman du « Central » (le « Cox » de l’époque), tu passes, t’entends parler du sida
mais tu ne comprends pas trop… les gens avaient peur de la salive ou d’une transmission par les
moustiques.

source Tribu move

Donc après le « Moustache », tu as voulu rester dans le monde de la nuit ?

Oui, j’ai enchainé avec des extras à « l’ILLUSION » (2ème boite de l’Insolite) en tant que caissier puis
je suis parti pour le « Quetzal ». C’était une vraie révolution. Un bar ouvert sur la rue, j’ai tout de
suite voulu aller travailler là-bas. Je suis, au bout de six mois devenu directeur, le gérant de l’époque
m’a fait confiance assez rapidement.

On faisait des happy hours et les gens nous téléphonaient pour être sûr de ne pas les louper. J’ai
encore une publicité de l’époque où le bar était présenté comme la plus belle terrasse de Paris !
(rires) . On est devenu rapidement le plus gros débit de bière de Paris grâce à ces happy hours.
Pour l’anecdote, il y avait une crèche en face, c’était la mode des mini shorts en jean souvent portés
sans sous-vêtements ! A 18h sortie des crèches, pour ne choquer personne, on n’a pas eu d’autre
choix que de retirer la terrasse.

A partir du mois de mai débarquaient les Canadiens. C’est des sacrés personnages, ils ont vraiment
une autre mentalité, très gentils, avec un grand sourire et surtout très beaux ! C’est vraiment mon
plus beau souvenir, avoir rempli ce lieu avec des gens sympas qui venaient de partout.

Après ces cinq années qu’as-tu fait ?

En 1993, On a ouvert « Le Bar » qui était deux fois plus grand que le « Quetzal ». On a vraiment tout
explosé, on arrivait à mettre 2000 personnes dans ce lieu. C’était tellement plein qu’on ne faisait pas
recette. La raison : personne n’arrivait au bar, malgré quatre comptoirs. Le propriétaire a finalement
vendu !

Après ça, j’ai acheté le « Thermik », qui était en face du « Quetzal ». Je n’étais pas beaucoup apprécié
à cause de mon jeune âge (29 ans). Le lieu n’était pas très grand, une salle RDC et une salle en
sous-sol. Deux jours avant l’ouverture, j’ai reçu tellement de fleurs que les gens pensaient que c’était
un fleuriste qui allait ouvrir ! J’ai dû toutes les virer. Se trouver juste en face d’une institution comme
que le «Quetzal » ce n’était pas facile. J’ai rapidement embauché sept barmen très sexys (dont Léo
Meo, Stéphane Board …) même si je n’avais pas besoin de sept barmen ! L’effet a fonctionné. La
clientèle était très mélangée : des gens sans dents, des messieurs tout le monde mais aussi des mecs
branchés, riches et même tout le barreau de Paris. Ce lieu était festif, les gens venaient juste pour
s’amuser.

Source Follivores

Le « Thermik », était un endroit très Français, as-tu eu une renommée à l’international ?
Oui, les touristes venaient aussi (les canadiens !). Un soir, ChiChi LaRue (la reine du porno gay) est
arrivée au « Thermik » en Rolls Royce. Cette grosse voiture n’arrivait pas à circuler dans le Marais et
cerise sur le gâteau ChiChi LaRue à l’époque était énorme, elle a eu du mal à descendre dans le bar
du sous-sol car l’escalier était très étroit. Le plus drôle, nous avions complètement changé
l’enseigne, pour faire un style cabaret, on voulait lui faire plaisir mais elle n’a rien vu du tout.

C’est à cette période que tu as commencé les « Follivores » ?

Juste avant la vente du « Thermik » j’ai enchainé sur Les « Follivores », qui avaient lieu au «Tango »
le mercredi soir, en association avec Lionel, Hervé et Vartoch. La toute première édition était le 7
novembre 1996. Ces soirées ont eu lieu au « Tango » tous les mercredis pendant un an, jusqu’à que
des amis m’invitent à une expo à l’espace Voltaire, j’y suis allé et je suis tombé sur un lieu
incroyable !
J’ai commencé à investir l’espace Voltaire un samedi par mois, en plus de ce qu’on faisait au
« Tango » et on a attiré 1400 personnes mais on commençait très tôt à 20h. En plus du samedi on a
rajouté un vendredi par mois que l’on a appelé aussi « la nuit des Follivores ». On a appliqué notre
recette déjà testée : la chanson française. Après j’ai voulu créer une soirée avec de la musique
internationale : les « Crazyvores ». et la version sexy ensuite avec la nuit des Sexyvores

source Follivores

 

 

Follivores fait penser à la nuit des « Publivores » qui était très populaire ?

Oui, une histoire incroyable s’est passée. Plusieurs clients m’écrivent pour me dire qu’il y a une soirée
des« Follivores » partout en France. Moi j’étais content, ça me faisait de la publicité, mais je me suis
rendu compte que c’était la nuit des » Publivores ». Un jour, Jean Marie Boursicot me donne
rendez-vous dans son bureau et je tombe nez à nez avec l’affiche la nuit des « Publivores » : et là
c’est le choc ! Je suis une copie conforme ! Je me suis senti complètement ridicule mais Jean Marie
m’a complètement mis à l’aise et m’a dit : « ne t’inquiète pas, tu me mets en avant grâce à tes
soirées ». Il me propose de faire un dvd des pubs gays et j’ai travaillé avec lui ce projet.

2018 Quelle est ton actu ?

J’ai une actualité très chargée, aujourd’hui les« Follivores » ont 22 ans et 20 ans pour les
« Crazyvores ». Au mois de juin, lors de la Marche des Fiertés de Paris, on met en place la soirée
« Follivores », «Crazyvores» et «Crazyvores + » . La formule un peu de chanson française, un peu de
disco et un peu de clubbing. Ce genre de soirée faisait 1900 personnes avant les attentats de
novembre, aujourd’hui on a retrouvé cette fréquentation.

Pour la soirée du 30 Juin 2018, (voici le lien pour avoir toutes les infos) le mot d’ordre c’est une soirée ouverte à tous(garçons, filles, trans…)et toutesavec des artistes moins connus, comme Patouchka, Leona Winter (qui fait des concours de drags en Amérique du Sud ), ou des plus connu comme Ysa ferrer ou encore Yvette Leglaire. Ce dernier choix peut paraitre étrange, mais elle est un monument, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, je m’en fiche. Pour cette marche et cette soirée, je veux que l’humour soit au rendez—vous !

source follivores

Y-a-t-il d’autres lieux que tu as investis ?

En plus, j’organise depuis six mois les soirées « Woopiiii » au « Who’s bar ». avec Sebastien, Maxime
et ALexis mes amis de Hola Chicos
Je me suis rendu compte qu’il ne se passait plus grand-chose dans le Marais. En discutant, j’ai réalisé
qu’il y avait mais en dehors du Marais.

source woopiii

Les choses se sont bien équilibrées entre les fans de la « Mercredix » et ceux qui n’adhéraient pas.
Deux choix valent mieux qu’un seul et on peut aussi faire les deux ! Au début on a commencé sans
chauffage et peu de son, c’était tribale…
En plus de ça, il y a aussi les soirées « Décadence » un vendredi par mois au Gibus. C’est des soirées
Disco avec des sons actuels.
En écoutant toute ton histoire, il y a vraiment quelque chose qui ressort dans toute ta carrière, tu
invites beaucoup de gens, tu donnes un espace de parole à toute la communauté.
Oui c’est mon objectif, c’est important de partager la scène. Par exemple, l’association « SOS
Homophobie » qui commence enfin à être écoutée. Il est important pour moi de défendre la
communauté et de leur donner de la visibilité et la parole.
Il est important de laisser rentrer tout le monde. … j’aime quand les gens ont l’impression d’avoir un
lieu très permissif, les toilettes sont unisexes, il n’y a pas de dame pipi, les gens font ce qu’ils
veulent.

Est-ce que tu as des projets très bientôt ?

J’aimerai bientôt relancer une soirée pour les filles, les « Crazygirls ». J’ai carte blanche au Bataclan.
Mon dernier gros projet c’est le dimanche, l’objectif serait de faire une « Sexyvores » avec une
backroom où les gens matent les mecs dans la salle à travers un miroir sans teint …. Et tout ça
surement en août. Et le dernier bébé en gestation est un projet techno : « Technivores».

Y-a-t-il une personne que tu voudrais remercier ? 
Oui. Victor mes deux bras droits…

source Tribu move

 

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