Porn Actu

Mathieu Ferhati : « Le fait d’être séropositif ne veut pas dire qu’on porte la mort ! »

Consacré meilleur actif  lors des PinkX Gay Vidéo Awards 2019, Mathieu Ferhati se livre comme jamais dans une interview postée sur Youtube le 8 septembre dernier. À ses joies, succès et projets, s’ajoutent des souvenirs douloureux :
– Des enseignants qui l’ont humilié quand il était enfant et adolescent.
– Le décès de son père, un homme ouvert d’esprit.
– L’activité d’escort qui a été un facteur aggravant à son addiction aux drogues.
– Son regret de n’avoir pas pris la PrEP qui lui aurait évité de contracter le VIH il y a quatre-cinq ans.
– L’exclusion odieuse et cruelle que génère la sérophobie ordinaire…

Lors de la remise de son prix aux PinkX Gay Vidéo Awards, Mathieu était monté sur scène très intimidé. Comme en contradiction avec l’homme à la virilité sans faille qu’il incarne dans ses films porno. Maintenant on sait le pourquoi de cette timidité et on n’en apprécie que plus l’homme et la star.

Mise à jour du dimanche 27 septembre 2020 : Sur Seronet, dans une interview une nouvelle fois émouvante par sa liberté de ton et ce qu’elle révèle de la sérophobie ambiante, Mathieu Ferhati revient sur l’annonce de sa séropositivité en entrant dans les détails. C’est le fait de connaître des réactions très hostiles parmi ses partenaires  qui l’avait amené à ne plus parler de sa séropositivité, voire de mentir. Mais ce qui lui est arrivé en Thaïlande l’a convaincu de ne plus jamais se cacher :
« Lors d’un voyage en Thaïlande, il y a trois ans, j’ai accepté un plan à trois sans préservatif avec deux mecs qui se disaient sous Prep. Je leur ai dit que j’étais moi-même sous PrEP. En réalité, j’étais sous Tasp, avec une charge virale indétectable, donc je savais que je ne pouvais pas transmettre le VIH. Après notre rapport sexuel, un des deux hommes s’est connecté sur Grindr et m’a dit qu’un de ses contacts venait de lui dire que j’étais séropositif et que je cherchais sciemment à transmettre le VIH à mes partenaires. J’ai nié, mais il m’a demandé de prouver que je n’étais pas séropositif en allant faire un test avec lui à l’hôpital. J’ai découvert qu’il n’était pas sous PrEP et j’ai commencé à paniquer car j’avais menti sur mon statut sérologique. J’étais dans un pays étranger et dans certains pays une personne séropositive peut être poursuivie en justice pour tentative de transmission du VIH même sous traitement avec une charge virale indétectable. La soirée a viré au cauchemar quand il m’a confisqué ma pièce d’identité et a proféré des menaces de mort contre ma famille. J’ai fini par lui dire que j’étais séropositif. Je l’ai accompagné à l’hôpital pour qu’il fasse un TPE. Sur place, il a exigé que je paie ses frais hospitaliers et en sortant il m’a demandé de retirer de l’argent à un distributeur. J’étais tétanisé par la peur, c’était comme une prise d’otage psychologique mais j’ai refusé de céder à sa demande. De retour à son hôtel, il m’a proféré des horreurs sérophobes en me disant que les personnes comme moi ne devraient pas avoir le droit de vivre. J’ai trouvé la force de quitter sa chambre. J’ai regagné mon hôtel, je me suis enfermé pendant deux jours totalement traumatisé et puis finalement j’ai décidé d’aller à la police pour porter plainte contre lui. Depuis ce jour là, j’ai décidé que plus jamais je ne mentirai sur ma sérologie et que je n’avais pas à me cacher ni à avoir honte d’être séropositif. »

Titrée Je n’ai pas à avoir honte d’être séropositif, l’interview est dans son intégralité sur Seronet.

Tags
Montrer plus

Articles liés

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer
Aller à la barre d’outils