Porn Actu

Sharok : « Il est important de nous humaniser parce que nous, les porn stars, sommes des êtres humains. Nous ne sommes pas des super-héros du sexe ! »

Si vous suivez notre Porn Actu, vous savez que François Sagat et Sharok se sont retrouvés en Espagne au début du mois de septembre en même temps que d’autres stars du porno, dont le sex-tapeur par excellence, l’Américain Rhyheim Shabazz. Nous ne l’avions pas mentionné au moment de l’article, mais oui, cette réunion de beaux mâles d’Europe, d’Amérique du Sud et des États-Unis a été propice à plein de tournages, sans qu’aucun studio se soit de la partie : n’ont été tournés que des contenus pour les fans.

Nous en étions restés là quand François nous a contacté avant-hier. Il nous informait que Sharok était à Paris pour deux semaines et il nous demandait si cela nous intéresserait de faire une interview. Nous n’avons pas hésité. Dès le lendemain matin, à la terrasse du restaurant d’un bel hôtel situé dans le Paris pittoresque, j’ai retrouvé Sharok. Je me suis assis à sa table alors qu’il m’attendait avec un ami de longue date, l’artiste Casey Spooner. Ce dernier nous a très vite laissés tous les deux discuter autour de thèmes qui font de Sharok une personnalité à la fois unique et représentative de l’industrie du sexe…

SHAROK

BIO FLASH
• Date de naissance 26 août 1984 • Signe astrologique Vierge • Lieu de naissance Los Angeles, Californie, USA • Résidence Los Angeles, Californie, USA • Nationalité Américaine • Cheveux Noirs • Yeux Marron • Taille 1, 80 m • Poids 96 kg • Sexe 18 cm épais et circoncis • Position Actif • Orientation Gay • Tatouages Oiseaux de chaque côté du haut des pectoraux, poème en farsi de Rûmî sur le flanc droit, inscriptions sur le haut du flanc gauche et double bande autour de l’avant-bras gauche

FILMOGRAPHIE PARTIELLE
California Gold 2 (RAD Video) Load Me Up (Cutlers Den) Str8 Chaser 13 (RealityDudes) At Large, Bareback Crashpad, Blood Moon: Timberwolves 2, Hot, Raw and Ready!, Manscent, Outta the Park!, Raw Construction, Cake Shop, Loaded: Muscle Fuck! (Raging Stallion Studios) Ultimate Dick (NakedSword) Exhibitionists (NoirMale) The Best of Bound Gods 1 (KinkMen) A Man and His Boy 4, Lips Together, Fun Size [Cocky] Boys, New Day (CockyBoys)

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AWARDS
• Grabbys 2020 Meilleur new cumer • GayVN Awards 2021 Meilleur second rôle + Meilleur trio • Grabby Awards America 2021 Performeur de l’année

IRAN

UNE RELATION D’AMITIÉ AVEC ARAD
Né à Los Angeles d’une famille iranienne, tu n’as jamais – à ton grand regret – pu poser les pieds en Iran. On ne peut manquer de faire le rapprochement avec ce réfugié politique iranien qui est devenu aux USA la porn star Arad Winwin. Est-ce que toi et Arad vous vous êtes rencontrés ? Vos vous parlez ?
Nous sommes amis, oui. Quand j’ai recommencé à tourner, je connaissais bien Arad et je l’ai même rencontré. Il est adorable et magnifique. Nous sommes très différents physiquement. Il est clair de peau et je pense qu’il vient du Nord de l’Iran. Moi je suis plus foncé et poilu. Beaucoup de gens l’ignorent, mais en Iran la population va du très blanc ou noir.
À quand une scène tous les deux ?
Nous sommes tous les deux actifs…
… Il fut un temps pas si éloigné où tu étais passif/versatile.
Je suis actif, mais en raison de la taille de ma bite, les studios ne voulaient pas de moi comme actif. (Rire.) Versatile oui, mais pas actif !
17,5/18 cm, ce n’est pas petit. La tienne est épaisse. Et avec la puissance virile que tu manifestes dans la baise, tu es un archétype de séduction !!!… (Rires)

Sharok et Arad ! Hum… Il doit y avoir quantité de mâles magnifiques en Iran !!!
– Photos : Raging Stallion Studios et Hot House

LES FANS IRANIENS
Parmi tes fans, en comptes-tu beaucoup qui vivent en Iran ?
Oui. j’ai beaucoup via les réseaux sociaux. Malheureusement ils ne peuvent pas accéder aux vidéos facilement. Alors que je n’ai pas de vraie connexion avec l’Iran et que je ne peux pas y aller, j’ai au moins Instagram qui me permet d’être lié aux fans de là-bas, mais aussi à ceux de Turquie et d’Azerbaïdjan. Ces deux pays sont toutefois plus ouverts que l’Iran

PARADOXE
Alors que l’acte homosexuel expose à la peine capitale en Iran, la législation est apparemment très favorable aux trans. Tu en sais plus ?
Techniquement, être gay, c’est être contre la loi islamique. Mais apparemment tu peux être trans. Le gouvernement paie même pour que tu le deviennes. J’ai vu des documentaires là-dessus. Et ce qui en ressort, c’est qu’il y en a qui sont obligés de passer par une réassignation sexuelle alors qu’ils/elles sont juste des gays et des lesbiennes.

SEX-TAPES

CONTRAT D’EXCLUSIVITÉ / CONTENU POUR LES FANS
Les contrats d’exclusivité font partie des usages dans l’industrie du porno. Jusqu’à la fin de ce mois de septembre, tu as été toi-même pendant un an un exclusif de CockyBoys. Or manifestement, vous exclusifs, avez davantage sex-tapé que tourné pour vos studios. Comment s’articulait ton contrat avec CockyBoys ? Est-ce qu’un exclusif est vraiment si libre que ça ?
Libre, oui, sauf à travailler pour d’autres studios. Je peux faire autant de contenu pour les fans que je veux. il se peut toutefois qu’ils me disent de ne pas tourner avec certains afin qu’ils nous fassent tourner pour la première fois ensemble. Il arrivent aussi qu’on tourne pour des studios et qu’ensuite on fait nos contenus pour les fans. Le principe c’est la liberté. En même temps nous y avons été poussés. À cause de la pandémie du COVID, Il n’y avait plus d’argent à se faire au sein des studios. Ils ne tournaient plus. Moi comme tous les autres nous avons dû amplifier notre contenu pour les fans et ça a très bien fonctionné. Nous sommes devenus nos propres patrons.

Un contrat d’exclusivité d’un an avec CockyBoys qui prend fin.

BEAUCOUP DE BOULOT
N’est-ce pas compliqué d’être son propre boss ?
C’est beaucoup de boulot, c’est sûr, mais on y a été forcés par la conjoncture et on a vite appris. Les gens ne s’en rendent pas compte, ils pensent que nous sommes des flemmards, que nous ne travaillons pas. Or ce que l’on fait, ce n’est pas seulement le travail physique qu’on voit dans la vidéo. Il y a tout un travail en amont pour que des collaborations se fassent, en toute légalité et au mieux. On alimente aussi les réseaux sociaux, ont fait le montage des vidéos, on poste des extraits sur Twitter, etc. Juste poser la caméra, ça ne suffit pas !

FRANÇOIS SAGAT

« QUELQU’UN DE FORMIDABLE »
Dans une interview vidéo pour QueerMeNow postée en avril 2020, tu parlais entre autres de son rêve de tourner avec François Sagat « quelqu’un de formidable comme porn star et comme homme ». Votre rencontre à Barcelone il y a quelques semaines, était-ce la première fois que vous vous voyiez ?
En fait, nous nous sommes rencontrés à Los Angeles en 2019. Il était l’invité de marque de « Daddy Issues », un événement organisé par un ami. J’y étais allé avec Logan Stevens avec qui j’étais romantiquement lié. Ce n’est désormais plus le cas, mais nous restons les meilleurs amis qui soient.

Daddy Issues Los Angeles 2019 : Une fête gaie, colorée, sexy. Avec François comme guest d’honneur ! Et Logan et Sharok parmi les participants.
– Photos : François Sagat et Advocate

En plus d’être une porn star, Logan est aussi un photographe. Et quand il a fait une série de photos de François, j’étais son assistant. (Pour voir d’autres superbes photos de ce shooting, c’est notamment ici)

J’ai pu apprécier combien François est quelqu’un de vraiment génial. Et nous sommes depuis restés en contact. Il ne pensait pas venir à Barcelone. Mais il est venu et ça a été fantastique. C’était la première fois que nous tournions l’un avec l’autre. Deux scènes : un duo et un trio avec Lawrence London. Un performeur également génial.

Lawrence London, un passif britannique de tout premier choix pour l’Américain et le Français !!!

HÉROS

LA CICATRICE
Je te regarde et je suis fasciné par un détail discret sur ta lèvre : TA CICATRICE. Elle accentue ta puissance de mâle hyper viril. Celui capable d’aller au combat pour les êtres qui lui sont chers. (Rires.) Plus sérieusement, quelques heures avant le début des Grabbys 2020, tu avais partagé une vidéo témoignant de la violence que tu avais subie lors d’une manifestation BlackLivesMatter suite au meurtre de George Flyod. Une dent ébréchée et 30 points de suture sur ta lèvre fendue après le jet d’un marteau par un manifestant anti-BlackLivesMatter ! Alors que tu ne pouvais te rendre aux Grabbys, toi et Brock Banks qui était aussi sur le terrain des manifestations, vous avez été les DEUX HÉROS de la soirée.
Le mouvement qui a suivi la mort de George Flyod a dépassé les seuls USA. Nous devions manifester. Et même si je ne vis pas ce que peuvent subir quotidiennement depuis des générations les Noirs aux USA, j’ai moi-même eu à faire avec le racisme. Comme américain originaire du Moyen-Orient, avec ma barbe et mon nom, ce n’était pas génial pour nous dans les année 2000 aux USA. J’ai été harcelé jeune. Et quand on est adulte, on fait ce qu’on peut pour y répondre afin que ça cesse.

HARCÈLEMENTS À L’ÉCOLE
Tu t’es fait harceler à l’école à cause de tes origines iraniennes ?
Pour cette raison, oui, plus tard. Mais parce que j’ai été un enfant gros, extrêmement timide et efféminé, c’est pour çaque j’ai été en premier lieu harcelé. Mon Dieu ! En grandissant, j’ai gagné en confiance en moi, je peux répondre à ceux qui me harcèleraient et agir pour défendre les personnes qui se font harceler. J’essaie de faire beaucoup pour la communauté LGBTQ parce que je suis passé par là.

SECONDE CHANCE

UN DÉBUT DANS LE PORNO PEU MARQUANT
Dans une interview accordée à TheSword en avril 2020, on te posait cette question : « Quel est le plus beau cadeau que tu aies jamais reçu ? » Tu répondais sans plus de détails : « Une seconde chance dans la vie. » Est-ce que tu veux dire par là que tu as eu une seconde chance de te faire une place dans l’industrie du X ? Tu n’es effectivement pas le new cumer que tout le monde pensait que tu étais quand on a découvert « Sharok » en 2018/2019. À 18 ans, sous le nom de Shamin, tu avais tourné dans le film California Gold 2 et puis plus rien jusqu’à ton comeback. Tu étais alors si jeune et innocent… 
Jeune oui, mais loin d’être innocent… En fait, à l’époque, il n’y avait pas vraiment de mecs qui me ressemblaient. Je n’ai pas le souvenir de Moyen-orientaux dans le porno gay US. Même dans la communauté LGBTQ, ce n’est que depuis quatre/cinq ans qu’à ma connaissance il se passe quelque chose. Si j’ai arrêté le porno, c’était parce que je n’étais pas le type de mec que recherchaient les studios. Par seconde chance, je ne pensais pas véritablement à ça…

UN PASSÉ SOUS L’EMPRISE DE L’ADDICTION
… J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie. Et quand je suis devenu sobre, c’est là où ma vie a recommencé. Devenu sobre, j’ai pu refaire du porno.
Quand tu dis « sobre », il faut comprendre que tu étais à fond dans l’alcool, les drogues…
Oui, et c’est maintenant fini. Je ne serais pas là où j’en suis si je n’en avais pas fini avec ça.

OISEAUX

UNE PASSION EN HÉRITAGE
Via les réseaux sociaux j’ai pu découvrir que tu as une vraie passion pour les oiseaux. Tu en as d’ailleurs deux tatoués sur tes pectoraux.
Des pigeons. Ça nous ramène à l’Iran. Mon grand-père iranien était colombophile. Beaucoup de personnes aux USA ne le comprennent pas, mais dans toute une partie du monde la colombophilie fait partie la culture. Mon grand-père en élevait des centaines en Iran. Quand il est partie pour Los Angeles, il a pu ramener avec lui deux de ses pigeons, un mâle et une femelle. Ces deux préférés. Quand j’étais enfant, il m’a donné mon premier couple de pigeons. j’avais 6/7 ans. Mon père m’a offert des poules, des pigeons… Les oiseaux ont été pour moi un refuge. Harcelé à l’école, les animaux, la nature, les plantes ont beaucoup compté pour moi. Ce qui est bien, là ou j’habite à LA, c’est que je n’ai qu’à conduire 20 minutes pour me retrouver en pleine forêt. 20 minutes pour être sur l’océan. La nature est autour de nous. Ce qui est toutefois effrayant, c’est qu’il y a beaucoup plus de méga-feux que quand j’étais enfant. Tout le monde devrait prendre conscience du changement climatique. On devrait tous contribué à faire en sorte que le pire ne survienne pas.
C’est effrayant en effet. J’en suis tétanisé !…

UNE VRAIE CONNEXION
J’ai eu avec des chiens et des chats une vraie complicité. On se comprenait. Les oiseaux, surtout les pigeons, je ne sais pas. Je n’arrive pas à m’imaginer vivre une vraie connexion avec eux.
Si, si. Il y a une vraie relation, ce d’autant plus si tu les as élevés. Ils pensent de façons différentes. Ce n’est pas comme un chien ou un chat. Je sais que j’ai une connexion avec les chiens. Avec les chats, je n’arrive pas trop bien à les comprendre. (Rires.) Mais les oiseaux, je sais exactement comment ils pensent. Pour avoir une connexion avec un animal, tu dois comprendre comment il fonctionne. Ils ne faut pas s’attendre à ce que les animaux se mettent à se comporter comme nous. Nous devons nous adapter à eux. Très jeune je l’ai appris. Je dirais que c’est un peu pareil avec les gens. (Rires.) J’ai élevé des perroquets. Ils étaient comme mes enfants, demandant toujours de l’attention.
Et actuellement, as-tu un oiseau qui t’attend chez toi à LA ?
J’en ai eu, une femelle, qui est malheureusement décédée il y a quelques mois. `
Trop triste…
Je sais. Je voyage ces temps-ci beaucoup. Mais quand ce sera fini et que je m’encrerai à nouveau, j’en aurai.

Sharok et Juju furent très complices…

FANS

PARIS
Certains de tes fans français aimeraient bien savoir ce que tu penses de Paris.
De ce que j’ai pu en voir, Paris est une ville magnifique. Même s’il fait froid. (Rires). C’est que je reviens de trois semaines à Barcelone, et c’est un changement. Même si ma mère a grandi en France, même si j’ai eu des cours de français aux lycée, je ne parle pas langue alors que je parle l’espagnol. Ça a été plus facile pour moi de communiquer à Barcelone. Ici, je dis souvent « Quoi ? ». (Rires.)

Avec François dans le Marais…

HUMAINS AVANT TOUT
Quelques chose d’important à ajouter pour tes fans ?
C’est amusant, parce j’ai encore du mal avec la notion de fan. C’est parfois étrange pour moi.
Pourquoi ?
Parce que les célébrités ont des fans. Et parfois j’ai du mal à penser que… Je sais ce que c’est d’être un fan. Je le suis ou je l’ai été moi-même. Notamment d’acteurs porno. Hier, on m’a arrêté dans la rue : « Mon Dieu ! Êtes-vous Sharok ? Que faites-vous à Paris ? » Je pense que c’est juste une phase. Que je vais m’y habituer. Mais ma difficulté à assimiler que je puisse avoir des fans a peut-être à voir avec ce que pense : nous, acteurs porno, sommes plus que notre travail. Il est important de nous humaniser parce que nous sommes des êtres humains. Nous ne somme pas des super-héros du sexe.

 

 

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