Dans la veine de Antonio Da Silva, le réalisateur espagnol Noel Alejandro explore une autre manière de représenter la sexualité à l’écran, mêlant fiction, esthétique et pornographie. Après le très réussi « Doing Elliot » – les retrouvailles hot entre deux amis d’enfance -, il vient de sortir son tout nouveau court-métrage : « Call me ghost », un porno mélancolique sur fond de fantastique.

Valentin traine son spleen dans sa grande maison qui semble laissée à l’abandon. Un soir, il reçoit la visite de Pierre, un fantôme venu de nulle part qui, le temps d’une étreinte passionnée, le sort momentanément de sa solitude.

A rebours des clichés habituels où le sentiment de mal être est nécessairement lié à la drogue et au trash, « Call me ghost » assume complètement sa petite musique romantico-mélancolique et ses ambiances en bleu et noir. « Le film a été réalisé pour montrer qu’il n’y a rien de grave à se sentir déprimé, même dans un environnement porno« , explique le réalisateur.

La très belle scène de sexe terriblement intense entre les deux personnages n’est d’ailleurs pas le point d’aboutissement de l’histoire comme c’est souvent le cas, même dans des courts métrages explicites. L’essentiel est ailleurs. Il est plutôt à chercher dans « l’après baise » et cette conversation sensible et pleine de non-dits où le plaisir charnel devient la porte de sortie fantasmée à un trop plein de solitude. Du sperme, de la sueur, des larmes pour espérer un nouveau recommencement. «  »Call me Ghost » est un court métrage où la sexualité est filmée dans un contexte dramatique d’introspection, avec des sentiments qui s’expriment dans les codes particuliers du film porno. C’est un pari personnel que de vouloir faire converger ces différentes influences. J’ai fait aussi ce film après ma première année de vie à Bruxelles, une ville où les sentiments de solitude et de tristesse sont monnaie courante ».

 

Vous pouvez voir « Call Me Ghost » sur le site de Noel Alejandro

call me ghost poster

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