Né en Californie de parents vietnamiens, le mannequin, bodybuilder et coach Peter Le a fondé en 2009 PeterFever, un studio X gay US qui se donne pour mission de « redéfinir l’homme asiatique comme une force sexuelle majeure » . En faisant appel à des Asiatiques musclés et en les faisant tourner entre eux ou avec des twinks et des daddies d’origines éthiques variées, le label veut casser les stéréotypes tels que « les Asiatiques sont tous efféminés, passifs, non-sexuels ». Racheté l’année dernière par Danny Z Zeeman, ce studio gagne en visibilité via des soirées avec live shows et des productions audacieuses comme la série très seventies « The Deuce ». Sa première saison sera diffusée sur PinkX à partir du 3 mars, à minuit. Un événement qui invite à poser quelques questions au nouveau boss du label…

Danny, peux-tu nous en dire plus sur toi ? Ce qui t’a amené chez PeterFever ?
Je suis un Américain juif originaire de Los Angeles. À 17 ans j’ai rencontré mon premier boyfriend qui était un Américano-vietnamien et depuis lors je suis attiré par les hommes, la nourriture et la culture asiatiques ! Après avoir travaillé brièvement pour le magazine gay « Out », j’ai managé des sites pornographiques pour AdultCheck. À 25 ans je suis parti en Asie, passant mon temps entre le Japon et la Thaïlande. Comme J’avais toujours souhaité qu’il y ait un site non censuré dédié au X gay japonais, j’ai conçu mon premier site payant avec Japanboyz.com. J’ai continué à développer mes affaires et, près de dix ans plus tard, je suis retourné aux USA pour être consultant auprès de TitanMen à San Francisco. J’ai rénové avec succès leur site et les ai aidés à créer l’événement « Cauke For Président ». Quand Peter est venu avec sa proposition de devenir le propriétaire et le producteur de PeterFever.com, j’ai sauté sur l’occasion !

Connaissais-tu Peter avant qu’il vienne te faire cette proposition ?
Peter et moi nous nous étions rencontrés plusieurs fois et avions une excellente relation d’affiliation, on se conseillait l’un et l’autre, on s’aidait pour améliorer le trafic. C’est quelqu’un que j’ai toujours admiré et grandement respecté. Et bien sûr, hot et sexy comme il est, il m’avait fait tourner la tête !

Peter Le, un Américano-vietnamien top canon ! Photo : XDR

Ce rachat ne l’a toutefois pas fait totalement quitter PeterFever…
Si Peter se concentre actuellement sur sa carrière mainstream, il poste toujours des messages sur les réseaux sociaux, il nous aide sur le site et une partie du contrat de vente de son entreprise prévoit un intéressement financier.

Et tu partages avec lui cette même volonté de casser les stéréotypes.
Oui ! Me battre contre les stéréotypes est dans ma nature. Or je suis témoin de la discrimination que subissent les Asiatiques dans la communauté gay. Aujourd’hui encore, c’est un défi de prouver à l’industrie X gay américaine qu’ils sont sexy et ont un très grand nombre de fans. Les Asiatiques constituent quand même 60 % de la population mondiale ! Comment est-il possible que ce ne soit pas le cas ?! Et ça marche.

Et ça marche. PeterFever a d’ailleurs obtenu cette année un prix aux Cybersocket Web Awards…
Oui. Et je pense que nous avons eu du succès là où quelques studios ont échoué en montrant des Asiatiques dominants, masculins et musclés, un type d’hommes que les Asiatiques préfèrent eux-mêmes aux twinks filiformes qui sont proposés la plupart du temps sur d’autres sites pornos. En ayant des Asiatiques comme Jessie Lee qui sont actifs avec certains grands noms du porno qui ne sont pas asiatiques, nous avons cassé beaucoup de stéréotypes, ce que nos fans asiatiques adorent.

Danny Z Zeeman, le modèle Dylan Nguyen et le réalisateur Koloff en ambassadeurs du label PeterFever lors des Cybersocket Web Awards 2018. Le studio a été élu « Meilleur site Asiatique » – Photo : Danny Z Zeeman

Il est souvent dit par des producteurs américains et européens que les modèles asiatiques gay sont très difficiles à trouver à cause de valeurs familiales traditionnelles. Mais le porno gay japonais est puissant ! Qu’en est-il pour toi ? Est-ce vraiment difficile de trouver les modèles ?
Au Japon, c’est une culture différente. Aux Etats-Unis où nous filmons, c’est certainement un défi que de trouver des Asiatiques qui veulent faire du porno gay. Dans les familles américano-asiatiques les plus soudées il y a il est vrai beaucoup de stigmates à l’encontre du porno. Mais surtout, la plupart des Asiatiques réussissent professionnellement aux USA et ils peuvent se permettre d’être difficiles si jamais ils décidaient de vraiment faire du porno gay.

D’où viennent principalement vos modèles asiatiques ?
Ils sont majoritairement nés aux États-Unis, avec des origines le plus souvent vietnamiennes, chinoises et philippines. Nous avons toutefois quelques modèles comme Alex Chu qui est venu aux États-Unis dans le cadre d’un programme d’échange d’étudiants avec la Chine.

Vous avez des exclusifs…
Depuis que je suis en charge de la production, j’ai fait signer des contrats d’exclusivité à des modèles qui peuvent ainsi gagner plusieurs milliers de dollars par an. Nous aimerions que nos exclusifs se sentent comme faisant partie de notre famille et leur offrir toutes les opportunité de se mettre en valeur et de grandir avec notre entreprise. Mon espoir est de pouvoir continuer à engager de grand talent de cette façon.

Lesquels sont les plus populaires ?
Alex Chu, Ken Ott et Jessie Lee.

Tu as écrit le script de « The Deuce ». D’où t’es venu l’idée ? Une nostalgie des années 1970, de sa culture et de sa pègre ?
Parfois l’idée d’une histoire vient d’un lieu. On nous avait proposé pour des tournages un espace étonnant, un resort gay en Géorgie qui est en fait le plus grand des États-Unis, « The Parliament House ». Quand j’en ai fait le tour, tout me faisait penser à un resort hétéro directement sorti des années 1970. Au même moment je regardais « The Deuce » sur HBO et j’ai pensé que ce serait amusant de faire une parodie porno gay des années 1970. Même si je n’étais qu’un bébé dans cette décennie-là, j’en ai toujours éprouvé une fascination. La musique, les vêtements sans oublier le porno gay, c’était une époque si créative. J’ai parlé de cette période à des amis, comme Toby Ross et Scott Morris, j’ai pris à cœur ce qu’ils m’en ont dit et tout s’est imbriqué. J’ai écrit le script en une semaine.

The Deuce : Photos promotionnelles de la série originale chez HBO et de la parodie X gay chez PeterFever

PeterFever sera pour la première fois diffusé sur PinkX, la chaîne française et européenne du X gay. Qu’as-tu ressenti quand tu as su que nous avions flashé sur « The Deuce » ?
J’ai été vraiment flatté et bien sûr très excité ! J’espère vraiment pouvoir travailler encore plus pour les marchés français et européens.

Peut-on imaginer un tournage en France dans une co-production avec PinkX ?
On adorerait que ça se fasse. Je ne pourrais imaginer un mélange de modèles aussi sexy. Bien que les gens pensent que PeterFever est un site « asiatique », on a toujours eu également des acteurs qui ne l’étaient pas, voire certaines porn stars les plus reconnues. Et il y en a en France !

« The Deuce – Saison 1 » à partir du 3 mars à minuit sur PinkX.