SEXY ! La vidéo du remix de « Desire » du groupe britannique Years & Years est sortie le 3 mars et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est très sexe…

Olly Alexander, le leadeur du groupe, a tenu à expliquer le pourquoi du clip sur Facebook. En voici une traduction…

La plupart des vidéos pop que j’ai vues, celles où il y a une interaction entre un homme et une femme, sont généralement centrées sur une romance, et c’est génial. Je suis totalement pour la romance, mais ne nous voilons pas la face. Il y a plein d’autres sexualités et identités qui méritent aussi d’être mises en valeur par une vidéo pop qui parle d’amour.
Depuis longtemps je voulais faire une vidéo avec certains de ma famille queer et « Desire » m’en a offert l’opportunité. Toutes les vidéos de Y&Y sont gouvernées par les mêmes éléments : les mondes magiques, le symbolisme, les jolies lumières et cette fois-ci je voulais y ajouter du sexe.
Je voulais que la vidéo soit sexy. Tout le monde a sa propre définition de ce qu’il trouve sexy, alors pourquoi en donnons nous aussi souvent une seule version, toujours et encore ? Existe-t-il un code pour les hommes et les femmes sur la manière de se sentir sexy ? Une définition sur ce que c’est qu’être sexy ? Pour moi, deux femmes, deux hommes, un groupe queer, tout est beau. Tous peuvent exprimer positivement et avec joie la sexualité. Nul n’est besoin d’appartenir à un genre spécifique pour jouir.
La musique pop a embrassé la culture queer. C’est une place sûre pour certaines de nos icônes queer les plus visibles, et nous avons plus de stars ouvertement non-hétéros qu’auparavant. Le mot queer est premièrement apparu à la fin des années 1980. Les membres d’une communauté voulaient revendiquer quelque chose de négatif pour le transformer en quelque chose de positif. Cela reste toutefois un mot douloureux pour certains, et beaucoup de gens ne s’y identifient pas. Mais, pour moi, c’est un terme qui nous rend puissants, qui unifie une communauté toujours grandissante.
J’ADORE LA POP (évidemment), alors comment cela se fait-il qu’en 2016 une vidéo pop, où l’on voit des gens non-cisgenre ou non-hétérosexuels exprimer leur sexualité, puisse être ressentie comme inhabituelle et avant-gardiste ? Hé bien, pour beaucoup de gens, elle ne l’est pas. Ils vivent et réfléchissent hors des considérations binaires de la société. Mais pour beaucoup d’autres gens, moi inclus, ça l’est. Je suis un chanteur ouvertement gay, dans un groupe appelé Years & Years, et nous faisons de la pop. Nous ne sommes pas le seul groupe à avoir ce type de leader et je ne suis pas le seul chanteur ouvertement gay. Cela étant dit, il n’y en pas tant que cela et parfois j’ai ressenti une véritable pression pour que je cache ou limite ma sexualité. Une partie de cette pression est venue de moi-même et de mes propres combats intérieurs. Et une autre partie provient du monde extérieur. La plupart du temps je vois l’attitude suivante : « On s’en tape que tu sois gay, mais ne sois pas trop gay » ou « C’est un peu trop camp », « Trop bizarre », « Fais en sorte de ne pas le porter sur ton visage ». Cette expression fait essentiellement référence à la façon dont beaucoup de stars hétéros de la pop affichent leur sexualité. Que je sois alors damné si ma sexualité ne se voit pas sur mon visage.
Oui, les gays ont des relations sexuelles, et pas seulement eux. C’est toutes sortes de personnes qui en ont. Tous ceux qui ne sont pas hétéros, ils sont bien là, et ils font l’amour. Le sexe entre deux adultes consentants peut être une chose bonne, positive, safe et agréable. Heureusement, la plupart d’entre vous le savent et vous n’avez pas besoin que je vous fasse des cours d’éducation sexuelle (je n’en ai jamais eus à l’école, alors je ne serais probablement pas bon en cela) et pour être juste, personne ne veut m’entendre m’étaler sur ma vie sexuelle. Mais il y a cette réalité, j’aime faire l’amour, j’aime pouvoir m’affirmer. Parler de ma sexualité me rend fort. C’est une route difficile, où l’on passe de la honte à l’acceptation. Ce qui en partie rend ce voyage plus facile est de s’approprier, d’embrasser totalement sa sexualité.
Adolescent, j’étais inspiré par des stars qui faisaient de même. Il s’agissait exclusivement de femmes : Madonna, Destiny’s Child, Alanis Morisette, Britney et Whitney. Elles s’appropriaient leur sexualité, elles en avaient une pleine connaissance tout en prenant des chemins divers et variés. Pour moi, ces chemins étaient un passage obligé pour se sentir fort. Elles chantaient sur les hommes et je voulais chanter sur les hommes. Elles étaient séductrices et sensuelles dans leurs vidéos. Je voulais être séducteur et sensuel dans mes vidéos (et croyez-moi, j’ai fait beaucoup de ce genre de vidéos à la maison). Pour moi, elles étaient tellement plus intéressantes que la majorité des musiciens mâles avec lesquels je ne pouvais ressentir aucun lien à cause de leur machisme. À ce stade, je pense qu’il est important de dire que je ne suis pas Beyoncé, je suis blanc et ceci est un privilège extrêmement grand. J’ignore ce que c’est qu’être une femme. Je peux parler de la sexualité autant que je veux, mais sur ce qu’est une femme, je l’ignore. Les femmes dans la musique pop sont censées être sexy et la plupart du temps elles n’ont aucun choix. J’ai le privilège du choix. J’ai choisi de faire une vidéo sur le sexe, d’interpréter un personnage sexuel. Je l’ai choisi parce que je ne veux pas cacher ou limiter ma sexualité. Je veux faire des vidéos, des chansons, de l’art qui célèbrent différents types de sexualités et d’identités queer.
Que recherche-t-on dans la musique pop ? Qu’attendons-nous des pop stars ? Et plus précisément de celles qui sont gays ? Je ne connais pas les réponses mais je ne veux pas voir une représentation étriquée du genre et de l’identité sur nos écrans et notre musique. Je veux de la diversité. Nous ne devrions pas nous sentir effrayés d’exposer nos sexualités, nos identités dans toutes leurs beautés et enchevêtrements, dans toutes leurs couches superposées et gloires multicolores. Je veux être fier. Fier d’afficher ma sexualité si je le veux. Je vous remercie de me lire. C’est le soutien de vous tous qui a fait que je suis là où je suis et que je peux dire de telles choses. C’est grâce à vous que je ne suis pas terrifié de montrer ce à quoi je crois. J’espère que vous avez apprécié la vidéo. Beaucoup d’amour.
Olly xxx

I must be tough
I must behave, I must keep fighting
Don’t give it up
I want to keep us compromising

Open your arms and pray
To the truth that you’re denying
Give in to the game
To the sense that you’ve been hiding

Where are you taking me?
I can’t be blamed
I want you to want me again

Is it desire
Or is it love that I’m feeling for you
I want desire
Cause your love only gets me abused

Give me that rush
I want to show you what you’ve been missing
Am I enough
To keep your other lovers hidden

Where are you taking me?
I can’t be blamed
I want you to want me again

Is it desire
Or is it love that I’m feeling for you
I want desire
Cause your love only gets me abused

Is it desire
Or is it love that I’m feeling for you
I want desire
I wanna see what you’re willing to lose

You know that you’ve got me
You’ve locked me down
You tell me you want me
You need it now
You know that you’ve got me
You’ve locked me down
You tell me you want me now

Is it desire
Or is it love that I’m feeling for you
I want desire
Cause your love only gets me abused

Is it desire?
Or is it love that I’m feeling for you?
I want desire
I wanna see what you’re willing to lose

Paroles et Musique : Olly Alexander, Michael Goldsworthy, Emre Turkmen et Kid Harpoon