Dès le début du cinéma, on a filmé des scènes de sexe. Mais jusqu’à une époque récente, la pornographie restait confinés dans les bordels. C’est pourquoi les années 1971 et 1972 restent décisives dans l’histoire du cinéma pornographique : pour la première fois, deux films, « Boys in The Sand » et « Deep Throat », furent projetés aux Etats-Unis dans de vraies salles de cinéma. Un vrai succès commercial. Le porno devint un phénomène de société, donnant naissance à ce que les aficionados du genre ont appelé son « âge d’or » dont le film « The Other Side of Aspen » (1978) est emblématique. Il ressort aujourd’hui dans une version restaurée.

Surfant sur la libération des mœurs et l’assouplissement de la législation de son pays, l’Américain Chuck Holmes crée en 1972 Falcon. Pendant six ans, il s’occupe de distribuer et accessoirement de produire des « loops », films de 8 à 10 minutes en 8 millimètres. Les bénéfices sont au rendez-vous ! Mais c’est la sortie en 1978 de The Other Side of Aspen qui propulse sa société au top du X gay. Parmi les acteurs, trois icônes : Casey Donovan, le héros de Boys in The Sand, Al Parker, le populaire modèle Colt et Dick Fisk, la première star Falcon.

Les trois icônes de The Other Side of Aspen : le barbu Al Parker, le moustachu Dick Fisk et le blond Casey Donovan Photos : Falcon Studios

Les trois icônes de The Other Side of Aspen : le barbu Al Parker, le moustachu Dick Fisk et le blond Casey Donovan
Photos : Falcon

Les films cités, et tant d’autres, mériteraient de ne pas tomber dans l’oubli. Ils ont une valeur historique, en plus d’être excitants. Mais comment les faire apprécier du public d’aujourd’hui qui est habitué au « Full HD » ?

Fondée il y a deux ans, la société américaine Vinegar Syndrom (nom faisant référence à l’odeur aigre que dégage la pellicule quand elle se décompose) a déjà relevé le défit d’exhumer des pépites du X hétéro. Elle s’initie depuis peu au X gay. En association avec le journaliste et producteur Michael Stabile qui travaille sur Seed Money, un documentaire sur Chuck Holmes,  elle restaure numériquement The Other Side of Aspen. Les photos « avant-après » son éloquentes. Le résultat est là !

Un fist censuré lors de la précédente édition du film refait même surface 🙂

Avant et après la restauration numérique…

Avant et après la restauration numérique…

Ce ne sont pas seulement les geeks et les détenteurs des droits de diffusion des vieux films qui seraient intéressés par une telle restauration. Il y a aussi des institutionnels comme des festivals et musées. Eh oui ! Le porno est de plus en plus reconnu comme un bien culturel 🙂