Dans une salle de projection parisienne, la nuit de la Saint-Valentin s’est métamorphosée en nuit d’Halloween à l’occasion de l’avant-première de « Remember Me » où l’on retrouve François Sagat que la magie du maquillage a complètement dénudé de son tatouage !

Ce court-métrage, avec François Sagat en brute inhumaine et sourde aux plaintes de sa frêle victime, joue à fond sur la révulsion.Présenté par son scénariste et réalisateur Nicolas Martin comme un mélange de « La Cuisine des mousquetaires » (l’émission culinaire gore de Maïté 🙂 avec un slasher dans la pure tradition cinématographique américaine, « Remember Me » est une œuvre résolument « mauvais genre ».

L’histoire ? Séquestrée dans une cuisine, une jeune femme blonde en tenue de soirée (Hélène Roisin) est battue à coups de poings par un colosse taciturne en costume noir (François). La violence cesse quand elle comprend qu’elle doit vider au couteau et à la main le poisson frais qui trône sur la table de travail. Filmé par des caméras de surveillance, son supplice fait la joie d’un homme (Benoist Brumer) dont le corps est diminué : minerve au cou, il se déplace avec difficulté dans une chambre typique d’un décadent d’une vieille et riche famille. Tel un maître d’hôtel dévoué à son maître, le colosse vient lui servir un plat de poisson. À chaque bouchée, l’infirme souffre et manque de s’étouffer. Mais il éprouve aussi la jouissance de se revoir tel qu’il fut, en pleine forme, se pourléchant de la salive d’une blonde ensanglantée et inerte. Cependant, la femme enfermée dans la cuisine est abattue d’une balle dans la tête.

Tout en prenant aux tripes, « Remember Me » est aussi une allégorie des horreurs que masquent ou sous-tendent nos conventions, telles que la domination masculine et l’obéissance aveugle à la hiérarchie. Plus généralement « Remember Me » aide à formuler une terrifiante maxime : « pour vivre, d’autres doivent mourir. »

S’il n’a bénéficié d’aucune aide institutionnelle – cinéma de genre oblige – « Remember Me » n’en reste pas moins une belle carte de visite. Nicolas Martin prouve en une vingtaine de minutes qu’il suit la voie des plus grands. En faisant appel à François, il poursuit d’ailleurs une tradition : celle d’offrir des rôles à des icônes du X. Pour ne citer qu’elles, Marilyn Chambers a tourné dans « Rage » de David Cronenberg (1977) et Brigitte Lahaie dans « Les Raisins de la Mort » de Jean Rollin (1978). Quant à François, il s’illustre par un parcours artistique iconoclaste… à suivre sur son compte Tweeter.

 

MAQUETTE

L’affiche du film

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L’équipe du film lors de la projection à l’Elysées Biarritz le 14 février

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Et un bon resto avec François après la projection… une super soirée 🙂

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