Revoir François Sagat toujours aussi beau, charismatique et accessible lors de la soirée de lancement des « PinkX Gay Video Awards » au Dépôt ne pouvait que nous donner envie d’une interview. Après un mini concert à Paris – eh oui, il chante ! – et avant de découvrir son nouveau film « Paris Perfect » en décembre sur PinkX.EU, François nous a fait la joie de nous rencontrer et de répondre à nos questions…  

Crevons tout de suite l’abcès. En 2011, tu avais déclaré qui si tu revenais dans le porno, c’est que tu serais désespéré…
Et c’est encore le cas je pense ! (Rires.) J’ai commencé ma carrière en 2004/2005. Elle a explosé en 2005 avec Raging Stallion. Ce succès, je ne l’avais pas planifié. Et quand ça arrive si vite et que tout vous est servi sur un plateau pendant des années, malgré vous, vous finissez par être arrogant. Et je me suis dit à un moment que je valais mieux que ça et qu’il était temps d’arrêter cette carrière. J’ai fait des projets avec Bruce LaBruce, j’ai réussi à faire un film d’auteur, et je me suis dit que j’allais faire plus encore. Et finalement non. Le temps passe, on arrête et on constate que c’est cette activité-là qui vous a propulsé.

En fait, tu n’avais plus tourné de film porno depuis « Incubus » que tu avais réalisé en 2012 pour Titan…
Oui, cinq ans que je n’avais pas été sur un tournage porno. C’est long. On se rend compte qu’il y a quelque chose qui vous manque. L’idée du tournage est quelque chose d’addictif. On aime travailler avec des gens, se mettre au service de leur vision. C’est du porno, certes, mais c’est aussi une expression artistique, bien que pas mal de personne juge cela comme non respectable. J’ai pourtant travaillé avec plein de gens sérieux et dignes de respect. Passer du temps avec les acteurs, pendant ou en dehors des tournages, faire des voyages, tout cela me manquait aussi. C’est pour ça que j’ai repris. Et puis avoir du cash ne fait de mal à personne.

Les TitanMen François Sagat et Damien Crosse en 2008 dans Telescope. Collègues, ils restent amis près de 10 ans plus tard : Damien a été l’artisan du comeback porno de François…


Comment as-tu procédé pour faire ton comeback ?
En fait, je ne savais plus trop ce qui se passait. Alors j’ai fait appel à Damien Crosse car on est restés en contact et lui il n’a pas arrêté de tourner. Il m’a dit : « Oh la la, tu aimerais revenir ? » Je lui ai répondu que oui, effectivement. Mais que j’avais peur. Que je n’avais pas forcément envie de rebosser pour Titan ou une autre boîte sur le sol américain. Bien que j’adore travailler avec eux, et qu’ils étaient en demande. Mais je n’avais pas envie d’aller en Californie car ça m’angoisse. Avec l’âge on devient plus sensible. La législation américaine est très stricte sur le droit du travail. J’avais répondu à Titan que je préférais attendre qu’ils se déplacent en Europe pour retourner avec eux. Mais pour en revenir à Damien, il m’a principalement parlé de deux studios hyper bons qui font des tournages en Espagne : Men et MenAtPlay. Je me suis renseigné, ça m’a plu et Damien m’a mis en contact direct avec le responsable de Men à Barcelone. Et ça s’est fait.

Un comeback en trois scènes et deux porn stars : Paddy O’Brian et Sunny Colucci…

Ensuite tu as tourné pour Bruce LaBruce à Berlin…  
La scène de Men venait de sortir quand j’ai contacté Bruce. Il était surpris et m’a dit qu’il fallait qu’on retourne ensemble et que ça tombait pile au bon moment car il avait un projet en cours à Berlin avec CockyBoys. Ça s’appelle « The Purple Army Faction ». (Il s’agit d’une des quatre scènes du film en post-production « It Is Not The Pornographer That Is Pervert » – NDLR)

Le réalisateur Bruce LaBruce et le casting de The Purple Army Faction

Avec Dato Foland, Levi Karter et Arad Win Win. Un casting de tout premier choix ! Par rapport à Dato, tu étais particulièrement complice avec lui lors de l’ « Opening Night Party »…
On allait retourner ensemble. C’était prévu. Maintenant, je comprends où tu veux en venir, mais non, je ne cherche pas à avoir quelqu’un.

Dato et François lors de l’Opening Night Party au Dépôt

Vous auriez fait un très beau couple !
Mais Dato j’adore. C’est mon genre. Il est très bien. Mais je n’ai plus d’attachement envers quiconque.

Permets-moi d’ajouter « pour l’instant ». (Rires) Après avoir tourné à Berlin, tu es quand même allé aux USA pour tourner avec CockyBoys.
Oui. Malgré mon appréhension à travailler aux États-Unis. CockyBoys, je ne pense pas que j’étais leur cible, mais quand ils m’ont vu à Berlin, ils ont voulu travailler avec moi. J’ai quand même fait remarquer que c’était étrange car la plupart de leurs modèles ont dans les 24-25 ans.

Boomer Banks est toutefois l’un de leurs exclusifs. Tu as eu une scène avec lui. Son sexe n’était-il pas trop imposant ?  
Non. (Rires) Je n’ai pas eu mal. Même si c’est imposant. Il y est allé doucement. J’ai eu aussi deux autres scènes avec Ricky Roman et Josh Moore.

Ambiance ésothérique sur le tournage de CockyBoys aux USA pour All Saints, la suite du multiawardisé Answered Prayers…

Et en septembre il y a eu ce tournage à Paris de la coproduction PinkX et NakedSword, « Paris Perfect »…
J’étais en contact avec mr Pam et Sister Roma depuis un petit moment. Ils m’avaient dit qu’ils avaient un projet sur Paris, qu’ils allaient me faire jouer un petit caméo non porno. Mais entre-temps j’avais repris ma carrière et comme ils ont été forcément au courant, ils m’ont dit : « François, ce serait quand même bien de faire une scène porno ! ». Et ça s’est très bien passé avec Johnny V. Je pense que le résultat sera très bien.

François, Johnny V., Leo Forte (assistant de la réalisatrice) et mr Pam à Paris lors du tournage du très attendu Paris Perfect

Et mr Pam ?
Je n’ai jamais été dirigé par une femme.

Et ?
Ça ne fait aucune différence. Mais elle est attentionnée, souriante, très pro. Elle est tout simplement géniale.

D’autres projets de tournage porno en cours ?
Pour Men et CockyBoys au mois d’octobre, à Berlin et à Barcelone.

Je suppose que depuis ton comeback, tu es sollicité par d’autres studios. Qu’est-ce qui guidera tes choix de tourner avec eux ?   
L’esthétisme, car pour moi le porno c’est du rêve. Tout ce qui « vrai sexe » ne m’attire pas. Certes, c’est très bien et je comprends tout à fait que ça marche, mais je n’ai pas envie d’en faire partie. Maintenant j’ai aussi rencontré deux réalisateurs pour des films non pornographiques, mais les projets sont au stade de la discussion. Ce n’est pas vraiment concret.

La soirée « La toilette » au Dépôt dans la nuit du 30 septembre nous a permis de voir que tu te mets sérieusement à la chanson. Le duo que tu formes avec l’artiste Igor Dewe a vraiment assuré !
On se connaît de vue depuis longtemps. Très progressivement on a sympathisé, et il m’a proposé ce projet il y a un an et demi. Il a commencé à écrire des choses, il a trouvé des ingénieurs du son, des producteurs. Et moi-même j’ai pris des cours de chant. Je peux chanter très juste, j’arrive à poser la voix et l’oreille. Mais les deux fois où nous nous sommes produits sur scène, à Paris, ça a été chaotique au niveau de la sonorisation. On aimerait faire plus de live. De l’électro pétasse avec des vocalises. (Rires.) J’aime le classique et les musiques de film. Mais j’aime aussi les trucs un peu vulgaires. Maintenant il nous faut une vidéo, avec un enregistrement très propre, pour qu’on puisse voir et entendre ce que cela donne dans des conditions enfin optimales. Mais on n’a pas encore décidé avec qui, quand et comment.

François et Igor, lors de leur mini concert au Dépôt, en marge de la Fashion Week de Paris

Tu as arrêté ta marque de sportwear. Un comeback dans la création de mode est-il aussi envisageable ?
On n’y est pas encore, mais oui, c’est possible.

J’ai l’impression que depuis l’annonce de ton retour dans le X, d’autres activités artistiques se font à nouveau en parallèle.
Arrêter le porno pour des projets artistiques dits plus nobles, c’était nul. Même si rien n’est jamais gagné d’avance, on peut faire les deux en même temps.

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