Dans le cadre du festival Jerk Off, nous avons eu l’opportunité de découvrir « (Nou) », un spectacle chorégraphique autour des sexualités, imaginé par Matthieu Hocquemiller

(Nou) assume jusqu’au bout son côté explicite. Sur scène : 2 hommes, 2 femmes et 1 FTM s’affichent nus, jouent avec leurs corps et apprivoisent de manière artistique l’acte sexuel.

Je voulais parler des représentations alternatives des sexualités et aussi traiter de la sexualité comme d’une construction culturelle, pas seulement comme une pulsion.

nous a confié Matthieu Hocquemiller.

Les artistes qui se sont lancés dans cette aventure viennent tous d’horizons différents : danseurs, travailleurs du sexe, performeurs, chercheurs, post féministes pro-sexe.

Le travail de création a été un processus humain très fort et complice du fait de ces personnalités très radicales. Il n’y a pas d’aspect « documentaire » dans cette pièce à l’écriture assez « plastique » mais évidemment je me suis appuyé sur ce qu’elles/ ils sont, sur leur parcours et leur approche positive de la sexualité.

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(Nou) ©Alexis Lautier

Ce que l’on pourrait croire inimaginable sur une scène de spectacle est donc rendu possible. Ici, on peut se tenir par le pénis comme d’autres danseurs se tiennent la main, on peut envisager un cunnilingus avant de finir dans une pirouette chorégraphiée, la fascination pour un fessier peut aussi déclencher une scène burlesque digne d’un Buster Keaton. Car (Nou) n’a rien de racoleur. Bien au contraire. Ce spectacle inclassable rétribue au corps tous ses organes sans fausse pudeur et nous offre ainsi la possibilité de voir la sexualité comme un moteur et outil de création.

Pour Matthieu Hocquemiller, en effet,

 Il ya une vraie convergence entre la danse et la représentation des sexualités. Celles-ci créent des imaginaires par le corps qu’elles situent comme un espace politique un endroit toujours dynamique d e construction de la norme et du pouvoir.

(Nou) ©Alexis Lautier

(Nou) ©Alexis Lautier

Le spectacle a été particulièrement applaudi lors de sa présentation samedi 13 septembre à Jerk Off. De quoi faire oublier quelques déconvenues lors des premières à Montpellier :

Les retours du public ont été très chaleureux mais on a subi une convergence d’hostilités, soit franchement réactionnaire (dénonciation du projet par le FN), soit plus pernicieuses. Notamment des critiques qui n’ont pas compris que l’on puisse s’attaquer à ces thématiques de manière explicite mais sans tomber dans l’érotisme ou l’excitation. C’est comme si traiter de sexualité sans chercher ni à provoquer ni à exciter était perturbant. C’était un peu curieux…

Une belle diffusion est prévue pour la suite. (Nou) se jouera notamment au KLAP de Marseille, au Festival Art Danthé de Vanves, Au HtH de Rodrigo Garcia….

Plus d’infos sur le site web de la compagnie

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