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Sergeant Miles : « J’ai été forcé d’observer sous la menace d’une arme à feu un gang qui a violé et battu ma mère à plusieurs reprises »

Derrière un machisme revendiqué et des propos polémiques, n’y aurait-il pas un petit garçon malheureux ? Sergeant Miles, la porn star américaine « patriote », est coutumier de tweets qui ne supportent aucune contradiction. Sûr de lui, il témoigne régulièrement de positions conservatrices qui peuvent surprendre et choquer. Str8UpGayPorn, l’un des blogs de référence en matière de X gay américain, s’en est fait plusieurs fois l’écho, le révélant au grand jour comme un homme borné et insensible. Notamment avec les victimes de la fusillade de Parkland le 14 février 2018 (lire ici). Chez QueerMeNow, concurrent de Str8UpGayPorn, l’ex-militaire veut mettre les choses au clair. Mais il ne parvient pas à s’extirper des méandres complotistes et autres « fake news ».  Il n’en reste pas moins que ce qu’il révèle sur son enfance, horrible, explique pas mal de choses…

Hello,
Je suis Sergeant Miles et depuis que j’ai rejoint l’industrie du porno, un blog déploie une grande énergie à me calomnier auprès de la communauté LGBT. Ces dernières semaines, ce blog est allé plus loin et cette déclaration vise à mettre les choses au clair sur plusieurs sujets polémiques qui ont été évoqués.
Laissez-moi d’abord vous dire que je suis absolument horrifié et profondément attristé par la fusillade du lycée de Parkland. Je soutiens totalement des vérifications plus strictes sur les antécédents des acheteurs d’arme et l’amélioration des contrôles du FBI. Mais je ne soutiens pas l’interdiction complète des fusils d’assaut, ce qui, pour des millions d’Américains, serait une atteinte au 2e amendement. Ce n’est pas parce qu’il y a quelques cas isolés qui conduisent en ayant bu que nous interdisons totalement l’alcool.
Le blog dont je parle a pris mes tweets hors de leur contexte. Je n’ai pu exprimer mes pensées et sentiments réels. Cela a donné l’impression que je critiquais les jeunes adultes qui étaient les victimes de la fusillade. Ce que j’essayais de transmettre, c’est que notre culture est devenue faible car nous recherchons toujours quelqu’un d’autre pour nous protéger, comme par exemple un professeur pour lui dire qu’on est harcelé au lieu de donner un coup de poing au harceleur. Comme la police pour l’appeler en cas de menace… J’estime qu’il est important d’enseigner à chaque personne, homme, femme et enfant, à se défendre. Quand j’étais enfant, j’ai vécu dans un très très mauvais environnement. J’ai été tabassé quotidiennement et bien que ça ne se soit pas arrêté quand j’ai commencé à riposter, l’intensité et la fréquence des attaques ont diminué parce que je me défendais.
Quand j’avais 6-7 ans, ma maison était constamment cambriolée, tous mes biens étaient volés, même la nourriture dans le réfrigérateur. J’ai été forcé d’observer sous la menace d’une arme à poing un gang qui a violé et battu ma mère à plusieurs reprises. À chaque fois que ça arrivait, je me demandais où était la police et pourquoi elle ne pouvait pas empêcher ces choses horribles. Cela m’a fait comprendre très jeune que malgré les lois, c’est à nous seuls qu’il revient de mettre un terme aux mauvaises choses susceptibles de nous arriver. Peut-être que si ma mère avait possédé une arme à feu, elle aurait pu arrêter les criminels. Après cela, j’ai toujours contre-attaqué parce que dès lors qu’une personne peut faire de vous une victime une fois, la seule chose à laquelle il faut vous attendre c’est qu’elle recommence.
Je suis un vétéran, je me suis battu et j’ai failli mourir pour les libertés que nous aimons tous. Je prends le 2e amendement très au sérieux. Car j’ai vu ce qui pouvait arriver à des populations quand elles sont désarmées : des villes où tout le monde est tué, des bâtiments démolis disparaissant sous terre et de nouvelles cartes où des noms de lieux n’y figurent plus. Saddam l’avait fait en Irak. Peut-être que si les Irakiens avaient eu des armes militaires, ils auraient pu se défendre ou au moins lever un combat.
Quand surviennent des tragédies comme le 11 septembre et des fusillades dans des établissements scolaires, nous avons souvent des réactions réflexes qui nous affectent à long terme, comme le Patriot Act et l’Administration de la Sécurité des Transports. Je repense toujours à cette citation de Benjamin Franklin qui a une fois dit : « Ceux qui renonceraient à une liberté essentielle pour acheter un peu de sécurité provisoire, ne méritent ni liberté, ni sécurité. »
Sur la question maintenant « d’être un supporter de Trump ». Mon 1er choix fut toujours Bernie Sanders. Oui j’ai voté pour Trump et j’ai voté précédemment pour Obama par deux fois. Pour utiliser une métaphore de mon programme préféré, « South Park », cette élection se faisait vraiment entre une poire à lavement géante (Trump) et un sandwich au caca (Hillary). Maintenant, je ne suis pas d’accord avec toutes les décisions de Trump, comme je n’ai pas été d’accord non plus avec tout ce qu’a fait le président Obama. Mais j’ai estimé que Trump était véritablement le moindre des deux maux. Et si je me suis forcé à voter Trump, c’est parce que le comportement de Hillary et du Comité National Démocrate pendant l’élection était contraire à la morale. Le fait qu’Hillary avait les finances du parti avant la fin des primaires et qu’aussitôt Bernie a commencé à perdre, tout cela était une coïncidence très peu probable. (Théorie du complot -NDLR). Les gens du Parti Démocrate se sont comportés comme s’ils étaient bien supérieurs à tous les autres et que nous devrions tous les suivre parce qu’eux ils sauraient ce qui est le meilleur pour tous les autres. J’ai eu le sentiment qu’ils voulaient être l’élite dirigeante, celle plus préoccupée à faire l’histoire en ayant la première femme présidente des USA qu’à représenter l’électorat. À l’évidence, un nombre suffisant de personnes, dont la majorité des votantes (l’information est fausse, à moins de considérer le seul chiffre des votantes blanche – NDLR – voir ici), ont ressenti la même chose et Trump a été élu.
Quand j’ai finalement accepté ma sexualité et que j’ai commencé à faire du porno, j’étais soulagé, je me sentais enfin fidèle à moi-même, pour la première fois de ma vie. J’étais également anxieux et j’avais peur des répercussions négatives. Mais j’ai découvert que ma famille et mes amis hétéros n’avaient aucun problème avec ma sexualité et que c’était en fait la communauté LGBT qui a commencé à m’attaquer en m’appelant « gay for pay » et en disant que j’essayais d’exploiter la communauté pour l’argent. Alors que j’étais juste en train d’assumer quelque chose que j’avais expérimenté et réprimé toute ma vie. À cause de la législation militaire « Don’t ask, don’t tell », je n’ai pas pu vraiment m’accepter ou exprimer mes désirs pendant mon temps dans l’armée. Je me suis marié (cela semblait la chose à faire). Quand on m’a tiré dessus et que j’ai failli mourir, j’ai réalisé que nous avons seulement une vie et que nous devons la vivre pour nous-mêmes, dans toute sa plénitude. Une fois que j’ai été mis à la retraite de l’armée, j’ai de nouveau commencé à assumer ma sexualité et quand j’en ai discuté avec ma femme, elle l’a accepté. Toutefois, elle n’était pas intéressée par un mariage libre et nous sommes convenus d’un divorce afin que je puisse poursuivre mes désirs sans la blesser, sans la tromper. Pendant les années qui ont suivi, je suis allé avec des hommes et des femmes, chacune de ces rencontres me faisant découvrir de nouvelles choses de moi-même.
Sergeant Miles

Photos : Hot House

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