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Ivan Sobris : « La beauté n’existe pas sans la diversité. »

Nouveau venu dans le porno gay, le réalisateur franco-australien Ivan Sobris s’est d’abord fait remarquer par ses « porntraits », solos de modèles qui sont autant d’hymnes à la masturbation. Ont très vite suivies des scènes hard tournées dans différentes villes françaises, avec des new cumers et porn stars tels que Alexis Tivoli, Axel Abysse, Yoshi Kawasaki, Anteo Chara et River Wilson. C’est d’ailleurs ce dernier qui a favorisé le contact avec le réalisateur qui nous a accordé cette interview…

River Wilson et le réalisateur Ivan Sobris lors d’un tournage à Bordeaux – Photo : Ivan Sobris

Ivan, la première fois que j’ai vu ton nom, c’était cette année, sur le compte Twitter d’Alexis Tivoli. River Wilson, que j’ai eu le plaisir d’interviewer – et qui nous a mis en contact -, mentionnait également ton nom. En faisant des recherches, tu apparais comme un réalisateur qui se sert de plateformes pour diffuser ses scènes ou alors tu interviens comme freelance. Axel Abysse qui a créé son propre site a ainsi fait appel à toi. D’autres studios ont-ils eu recours à tes services ?
Non, je n’ai travaillé qu’avec Axel Abysse. J’aime beaucoup son style visuel donc je l’ai contacté, et comme il venait justement sur Paris on a tourné quelques vidéos ensemble. L’occasion ne s’est représentée avec personne pour le moment mais c’est quelque chose que j’aimerais faire plus souvent.

Pourquoi ce choix de n’avoir pas de boîte de prod, pas de site véritablement à ton nom ?
Ce n’est pas vraiment un choix, c’est simplement que pour le moment j’expérimente. Je n’ai commencé qu’il y a 6 mois, je voulais d’abord voir ce que j’arriverais à faire avant d’y investir plus de temps et d’argent. Mais j’y songe sérieusement, oui.

Quelles ont été tes motivations pour te lancer dans la réalisation de pornos gays ?
Principalement l’envie de voir du porno un peu différent, un peu plus sensuel et réaliste. L’envie aussi d’arriver à terme à joindre le porno et le cinéma plus traditionnel comme le font déjà certains réalisateurs. Je crois qu’il est nécessaire que le sexe gay soit beaucoup plus visible pour arriver à le déstigmatiser.

Tes premières réalisations X remontent à 6 mois ?
Environs 6 mois. J’avais tourné quelques courts métrages auparavant mais le sexe était toujours simulé. À vrai dire je ne savais pas si j’étais capable de filmer des gens en plein acte sexuel, c’est pas forcément évident, donc j’ai cherché des volontaires et je les ai filmés en train de se masturber. C’est comme ça que sont nés mes premiers « porntraits ».

À partir de quand as-tu décidé de diffuser tes scènes ?
C’est venu assez rapidement. J’ai montré mes premiers « porntraits » à une amie qui les a trouvé très beaux, du coup je les ai montrés à de plus en plus de monde et puis j’ai décidé de les mettre sur mon Twitter et voir s’ils plaisaient.

Considères-tu ton activité comme un passe-temps ou un vrai travail ?
C’est définitivement du travail, d’autant plus que pour le moment je fais tout tout seul, éclairage, caméra, montage, étalonnage… Mais je suis loin d’arriver à en en vivre, donc c’est en fait toujours un passe temps.

Au vu de ton Twitter qui est actif depuis février 2018, tu as tourné avec une dizaine de modèles. Deux sont particulièrement présents : Alexis Tivoli et Anteo Chara. Peux-tu nous dire comment tu les as rencontrés et ce qui fait qu’ils sont tes modèles phares ?
J’ai rencontré Anteo sur Grindr. Je cherchais des gens intéressés pour tourner d’autres « porntraits », il y a vu mon Twitter et m’a contacté. Ensuite Anteo a contacté Alexis et on est parti tourner avec lui sur Paris. Anteo et moi avions la même vision de ce que nous voulions faire, il est aussi très axé sur le bien-être et la positivité sexuelle donc nous avons de suite développé une dynamique de travail assez efficace. Avec Alexis on se connait un peu moins, on n’a tourné que trois fois ensemble mais c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup aussi. il a une bonne énergie et j’espère bien continuer à collaborer avec lui.

Anteo Chara – Photo : Ivan Sobris

Alexis Tivoli et Yoshi Kawasaki dans une scène SM très crue, très organique ! – Photos : : Ivan Sobris

« Beauty is Diversity »… Tel est ton crédo. Et il est vrai que les types d’hommes comme les pratiques sexuelles que tu mets en valeur sont divers. Mais comment toi définis-tu ce « Beauty is Diversity » ?
Ce « Beauty is Diversity » c’est pour moi l’idée que la beauté n’existe pas sans la diversité. Si on se ressemblait tous il n’y aurait plus de beauté, c’est nos différences qui sont belles.

Faut-il y voir un manifeste contre un monde uniformisé ? Ou autre chose ?
Oui, en partie. Ce n’est pas non plus un rejet total des canons de beautés actuels, mais j’essaie de tourner le plus possible avec des gens qui ont des beautés plus atypiques.

Tu dis aussi que ton approche du porno est très « organique ». Est-ce en opposition à un porno « mécanique » ?
Le terme « organique » se référait en fait à ma façon de tourner, au fait que je laisse beaucoup de place a l’improvisation. Pour ce qui est du porno « mécanique », ce n’est pas tellement l’aspect mécanique qui ne me plaît pas, c’est plutôt la binarisation actif dominant/passif soumis qui devient un peu une norme et qui pour moi du coup perd de son intérêt. On en revient à la diversité !

Au vu de tes réalisations, j’ajouterais à ton travail le qualificatif « d’esthète ». Les corps des modèles apparaissent comme dessinés. J’ai d’ailleurs adoré que tu aies fait appel à l’artiste Nicolas Brunet dans la scène de solo de River Wilson. Comment s’est faite la rencontre avec River et Nicolas ?
Nicolas nous a contacté Anteo et moi car nous étions sur Bordeaux et nous cherchions des lieux de tournage. Il nous a non seulement prêté son appartement deux fois, mais il a aussi aidé à prendre des photos et a accepté de figurer dans une des vidéos. Quant à River, c’est un ami à lui qui lui a parlé de moi car il avait vu mes vidéos sur Twitter. River était à Berlin pour un tournage, et il m’a contacté. Deux jours après il débarquait à Bordeaux et on a tourné la scène avec Nicolas. Ce sont deux très belles rencontres complètement impromptues, et au final je pense que c’est ma scène la plus réussie.

Le « porntrait » de River Wilson, avec en guest l’illustrateur Nicolas Brunet – Photos : Ivan Sobris

Franco-australien, – tu es d’ailleurs actuellement à Melbourne -, tu tournes à Paris, Bordeaux, Montpellier. Toujours en France, jamais à ma connaissance en Australie. Pourquoi ?
J’ai déjà tourné à Melbourne, et j’y suis d’ailleurs actuellement pour tourner d’autres vidéos. En fait mes deux premiers « porntraits » ont été tournés la-bas, mais ce n’est qu’une fois de retour en France que j’ai commencé à les mettre en ligne. Mais l’Australie est un pays où malheureusement l’influence chrétienne est toujours très forte sur la politique, donc la législation autour de la production pornographique y est assez stricte.

Que peut-on te souhaiter de meilleur dans tes futurs projets ?
De m’améliorer, le son par exemple n’est pas toujours très bon sur certaines vidéos. De continuer à faire de belles rencontres, c’est aussi pour ça que le métier est intéressant, et puis d’arriver à en vivre, ce serait pas mal !

Et qu’aimerais-tu ajouter d’important avant de clore cette interview ?
Si je peux, j’aimerais juste dire que j’aimerais voir de plus en plus d’acteurs « classiques » venir faire du porno, parce qu’il y a aussi de belles histoires de nature sexuelle à raconter. J’encourage donc quiconque avec des talents d’acteurs, qu’ils fassent déjà du porno ou pas, à venir me parler sur Twitter.

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