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Actus LGBT

« X comme amour » (suite et fin) sur QueerScreen : « Que serait un homme sans les secrets qu’il cache ? »

Dans un article consacré aux quatre premiers courts-métrages réunis dans la compilation X comme amour sur QueerScreen, nous avions vu que le X en question avait non seulement à voir avec le sexe, mais aussi avec la radiographie. L’amour révèleraient notre humanité. Pareil constat avec les trois derniers courts de X comme amour

5 – Rubber Dolphin (2018) de Ori Aharon, avec Chen Hefetz & Omri Laron
Tel Aviv. Un jeune homme (Chen Hefetz) reçoit chez lui un inconnu précedement dragué (Omi Laron). Est-ce simplement pour passer une soirée de baise ?

Drame intimiste hyper-sensuel, Rubber Dolphin interpelle notre propre parcours sentimental. Car se plaire et coucher ensemble n’est jamais anodin. Croire qu’on va juste passer un bon moment sans se prendre la tête, c’est se leurrer. Toujours à un moment remontent à la surface des traumatismes affectifs. Les amants de Rubber Dolphin ont peut-être cru à un moment pouvoir les dépasser et s’engager dans une relation qui durerait. Mais, non. On devine que l’un (Omi Laron) n’a plus envie de s’attacher car tout est moins douloureux quand on aime pas. Quand à l’autre (Chen Hefetz), il pensait vraiment être tombé sur le bon. Quand il comprend que les compliments qu’il reçoit le renvoient au pur plaisir de l’instant, il en est blessé et pleure en secret.

6 – Desire Trilogy (2019) de Ohm Phanphiroj, avec Aj Andersen, Nic Carrucio, Beck Nolan, Alicia Hilton, Keli Delane, James Santelle, Kevin Gubish, Joseph Williams & James Spangler
Ce court est divisé en trois parties : The Deaf Boys’s Disease, The Space Between Us et The last Kiss. Trois réussites ! À la qualité de l’image et du jeu d’acteurs s’ajoutent des scénarios bouleversants.

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The Deaf Boys’s Disease 
Adolescent vivant seul avec sa mère, Ant (Aj Andersen) est amené à s’interroger sur sa sexualité à cause du comportement de son meilleur ami Tremor (Nic Carrucio). Celui-ci ne fait que de dire à Ant que le nouveau voisin, un jeune sourd prénommé Early (Beck Nolan), est gay et qu’il va le devenir lui-même à son contact. Cette taquinerie pesante aiguise en outre un secret de famille douloureux : Ant avait surpris son père en train d’avoir une relation sexuelle avec un autre homme. Sans doute était-ce pour vivre pleinement son homosexualité que ce père avait fui du jour au lendemain le domicile familial.
Tout cela travaille Ant qui éprouve des désirs de plus en plus forts pour Tremor. Ce dernier est lui-même perturbé dans son hétérosexualité par ce qu’il ressent pour Ant. Quand à Early, il se peut bien qu’il soit gay et qu’il soit attiré par Ant…

The Space Between Us
En train de fumer une cigarette sur une aire d’autoroute, Smokey (Joseph Williams), un adolescent blond au regard doux et innocent se fait ramener dans la chambre d’un motel par Norman (James Spangler), un automobiliste barbu et corpulent. Ce dernier s’est dénudé et se prépare à un rapport sexuel. Mais non. En lieu et place du sexe s’instaure un dialogue sur l’amour et le sexe, les secrets, la fuite et le destin.

The Last Kiss (suite de The Deaf Boys’s Disease)
Tremor va déménager. Il fait ses adieux à Ant. Quand ils se quittent sans même s’embrasser, Ant est désespéré et il fait le constat suivant : « Je me demande ce qu’est l’amour. Comment on peut le différencier de l’envie et du désir ? Et surtout, pourquoi on le cherche tous ? Qu’est-ce que désirer quelqu’un d’autre nous apporte, à part finir avec du chagrin, de la peur et de la honte ? Je suppose qu’on souhaite tous être désirés et aimés, mais il n’y a qu’un idiot pour tout donner afin d’y goûter. Je ne suis qu’un papillon de nuit qui cherche une petite étincelle. J’essaie de trouver ma place, pour au final me retrouver avec des secrets encore plus sombres. Mais d’un autre côté, que serait un homme sans les secrets qu’il cache ? On est peut-être tous des papillons recherchant une étincelle. Avant qu’on s’en rende compte, on est brûlé vivant et c’est trop tard. Peut-être que c’est ça la vie. »
Parallèlement Early déambule dans la ville, manquant de croiser dans la rue Ant. Le destin ne lui aurait donc donné comme rôle que celui de trait d’union entre Ant et Tremor alors que lui-meme avait des désirs pour Ant ?…

7 – The Meaning Of It All (2018) de Ohm Phanphiroj, avec Ohm Phanphiroj, Max, Nate, John, Jesus, Isaac, Trent, Frank, Alexis, Diego, Quinn, Joseph, Trevor, Timothy & Richard
Ils peuvent bien se définir 100 % hétéros, ils savent qu’ils attirent les regards des hommes et que cela ne leur est pas indifférent. Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour explorer la véritable nature de leur sexualité ?

Un documentaire joyeux et torride d’une jeunesse américaine où la stricte hétérosexualité n’est qu’une façade. Le photographe réalisateur sait si bien installer une relation de confiance avec ses modèles qu’ils se révèlent à nous beaucoup moins hétéros qu’affirmé. Ainsi, certains se dénudent, se masturbent, se font sucer… et giclent ! D’autres, moins exhibs, se contentent d’avouer qu’ils pourraient peut-être un jour sortir avec un mec…

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