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FOREVER FALCON | 50e anniversaire de FALCON STUDIOS – Partie 6 : Expérimentations sur fond de contestation de sa suprématie (2005-2010)

Nous avons vu précédemment que le décès en 2000 de Chuck Holmes, le fondateur de FALCON STUDIOS, n’avait pas créer de vide. Réalisateur qui y avait fait ses classes, John Rutherford en était devenu le PDG avec brio. Son tandem créatif avec Chi Chi LaRue fonctionnait à merveille. Son départ de FALCON en 2003 est une toute autre affaire. Si le triumvirat à sa tête a cru trouver en LaRue la personne qui remplacerait Rutherford, ça ne s’est pas passé comme prévu…

DES SUCCÈS, DES DÉCONVENUES…

Réalisateur drag-queen des plus renommés, Chi Chi LaRue tourne pour FALCON et ses lignes MUSTANG et JOCKS depuis 1991. Une crise cardiaque survenue en 2004 va toutefois tout chambouler. Après avoir frôlé la mort, ce bourreau de travail décide de lever du leste et de ne se consacrer désormais qu’à son propre label : RASCAL VIDEO. Il finit toutefois en beauté chez FALCON avec leur premier film ne réunissant que des « exclusifs » : le fantastique, glamour et kitsch  Heaven To Hell

Josh Weston (1973-2012), Joe Sport, Brad Patton, Colby Taylor, Roman Heart (1986-2019), Dean Monroe, Tristan Adonis, Matthew Rush, Erik Rhodes (1982-2012) et Kane O’Farrell. Que des « Falcon exclusives » pour ce Heaven To Hell sorti fin 2005 et blockbuster au top des charts X gay. Il fût très vite épuisé chez IEM qui était encore son distributeur en France.

Le succès de Heaven To Hell ne doit pas faire oublier que la suprématie de FALCON vacille et qu’elle est contestée de toute part. Aux USA, des labels dirigés par d’anciens réalisateurs, voire acteurs de FALCON, sont devenus des références multiawardisées : HOT HOUSE ENTERTAINMENT (Steven Scarborough), LUCAS ENTERTAINMENT (Michael Lucas), RAGING STALLION STUDIOS (Chris Ward), TITAN MEDIA (Bruce Cam), COLT STUDIO (John Rutherford)… et sans oublier RASCAL VIDEO (Chi Chi LaRue). Des sites tels que CORBIN FISHER, SEAN CODY et RANDY BLUE ont eux aussi un grand succès. Et en Europe il y a BEL AMI, EUROCREME, CITÉBEUR, MENOBOY, CAZZO, SPRITZZ, etc. La lecture de GAY VIDÉO ET SPÉCIAL GAY VIDÉO, qui furent les bimestriels français les plus en pointe sur l’industrie du X gay, en rendent compte. Les pages dédiées à FALCON/MUSTANG/JOCKS jusque là majoritaires, se sont significativement réduites aux profit d’autres producteurs. Même IEM, son distributeur exclusif en Europe, celui qui a contribué par sa com à faire de FALCON le studio US le plus mythique en France, ne l’est plus. En conséquence, il communique moins dessus. Les gens de FALCON vont devoir sortir de leur tour d’ivoire. Cela passe par un changement radical d’image en expérimentant sur MUSTANG et JOCKS ainsi que sur une toute nouvelle ligne : FALCON STR8MEN.

LA VALSE DES RÉALISATEURS

Au vu des éléments disponibles sur GayEroticVideoIndex, on a pu dresser ce tableau où apparaissent les noms des réalisateurs en fonction de l’année de sortie des DVD et des studios dont ils étaient issus :

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FALCON STUDIOS, qui se fait aussi appeler THE FALCON FAMILY OF COMPANIES puis FALCON ENTERTAINMENT afin de montrer qu’il intègre d’autres labels, a eu recours à plus d’une quinzaine de réalisateurs. C’est beaucoup. On notera que deux sont associés à son histoire : Chi Chi LaRue et Steven Scarborough. Au moins sept sont ou ont été acteurs porno : Chris Steele, Chad Donovan, Paul Barresi, Peter Romero, Steve Cruz, Matthew Rush et Erik Rhodes. Et les deux noms à retenir pendant ces six ans de turbulence sont John Bruno et Peter Romero. Ce sont eux qui ont d’ailleurs le plus tourné : 43 films pour Bruno, 18 pour Romero.

JOHN BRUNO, L’HOMME PROVIDENTIEL

Changement de logo, mise en valeur de modèles hyper-virils et nouveau réalisateur attitré,  la nouvelle formule de MUSTANG qui apparaît en 2005 est saisissante !!! Issu du monde de la pub et co-fondateur de MASSIVE STUDIOS, alors une nouvelle boîte de production X gay US spécialisée dans les univers virils et crasseux, John Bruno s’acquitte à merveille de sa mission officieuse de coller à deux studios multiawardisés qui jouent à fond la carte de l’hyper-virilité : TITAN MEDIA et RAGING STALLION STUDIOSBrawlers est sans doute l’un de ses films les plus marquants de sa période MUSTANG

Ce  porno à la sauce Figh Club est d’ailleurs assorti de cet avertissement :  « MUSTANG ne fait pas siennes les opinions exprimées par les acteurs. Toutes les scènes de combats sont mises en scènes et le sang est fictif. Aucun échange de fluide corporel n’a eu lieu pendant le tournage. » Woaw… La porn star hongroise Tamas Esterhazy y est si troublant de masochisme que ça a choqué. 

Réjouie par le travail de Bruno, la direction de FALCON le propulse nouvel homme fort de FALCON et procède à l’acquisition de MASSIVE STUDIO. Bon choix ! Bruno saura effectivement s’adapter au moule FALCON avec des images pur sexe, hyper-sensuelles. Il n’en commettra pas moins le stupéfiant et dark Asylum. L’histoire ? À Los Angeles, un journaliste d’investigations enquête sur une rumeur persistante : une aile condamnée d’un hôpital psychiatrique continuerait de fonctionner dans le plus grand secret. Pire. Des médecins pratiqueraient en toute impunité des expériences sur des SDF, des sans-papiers, des délinquants qu’ils séquestreraient et violeraient avec la complicité et le concours de surveillants. Woaw ! Et voici ce qu’en disait GAY VIDÉO : « Un lieu de tournage exceptionnel, un scénario bien glauque, comme on aime, et des mecs qui donnent envie, Asylum est top. Mais la scène qui emporte tous nos suffrages par son audace et par sa force est le duo Diesel Washington/Ryan Raz. Ce dernier n’a pas eu peur de casser son image de jeune premier du X américain pour incarner un débile. A la différence des autres « patients », son personnage est vraiment dingue. Diesel est quant à lui parfaitement crédible en gardien qui abuse de la fragilité mentale d’un malade. Les insultes qu’il assène sont là pour déshumaniser celui qui lui fait face et se déculpabiliser. Quand on considère l’autre comme une chose ou un animal, la loi n’a plus lieu de s’appliquer. En outre, parce que ce duo joue sur le contraste noir/blanc, il rappelle une triste vérité : avoir été « victime » n’empêche pas le fait de se transformer en bourreau. » Ça allait loin ! Trop loin ?

Asylum remporta deux prix aux Grabbys 2010 : Meilleure direction artistique et meilleur second rôle pour Diesel Washington, ex-exclusif de TITAN MEDIA.

PETER ROMERO CHEZ JOCKS

JOCKS VIDEO, le label prétendument junior de FALCON STUDIOS, avait été mis en stand-bye pendant un an avant de reprendre son essor en 2007 avec le premier numéro des Road Trip, une série qui emprunte certains codes de la télé-réalité. L’histoire est toujours la même : de jeunes mecs sont conduits par mini-vans dans un lieu qui leur est inconnu. Ils sont accueillis par l’équipe technique de JOCKS et interviewés avant d’y aller à fond dans la baise : le maître d’ordre est en effet de s’éclater gaiement. Pour renforcer le cachet « real TV » et amateur, les garçons sont en principe différents à chaque numéro de la série et jamais ils ne sont des stars du X au moment du tournage. À la réalisation Peter Romero. Ex-modèle de Playgirl et de Penthouse, il est devenu acteur porno dans l’hétéro ainsi que réalisateur aussi bien dans l’hétéro que le gay. Avant d’intégrer JOCKS, il avait pas mal bosser pour CATALINA VIDEOS.

On sent bien ici que le but de FALCON est de lorgner vers les sites qui mettent en avant de jeunes mecs hétéros qui baisent gay pour le fric et pour délirer. Ce nouveau JOCKS a pour pendant la création d’une nouvelle ligne : FALCON STR8MEN. Une niche « hétéro » qui ne durera que deux ans. Les Road Trip de Romero dureront quatre ans.

LEO GIAMANI, UN NOUVEAU TYPE D’EXCLUSIF

Hétéro aussi à l’aise actif que passif dans ses performances gays, Leo Giamani est emblématique du poids grandissant d’Internet, du sexe sans capote et de la mode dans le parcours des stars du porno. Ses premiers pas dans le X gay, il le doit non pas à un label qui a pignon sur rue et qui sort en priorité des DVD comme FALCON, mais à des sites. D’abord chez MIGHTYMEN dont le propriétaire John Royce se plaît à préciser qu’en 2008 Giamani était puceau de l’anus et qu’il avait dû l’aider à l’assouplir à coups de gode. Le beau déviergé a ensuite tourné pour le compte de Jake Cruise, le polémique fondateur de différents sites tels que COCKSUREMEN. La capote est inexistante dans plusieurs de ses scènes. La popularité de Leo est telle que toutes les portes lui sont ouvertes, même celles des grands studios américains qui boycottent ceux qui ont manqué à la règle du port du préservatif pour toute pénétration anale. Leo fait aussi partie des rares modèles à pouvoir bénéficier d’un double contrat d’exclusivité. Avec FALCON et le site RANDYBLUE. Parallèlement, en 2009, il est mannequin pour la marque RUFSKIN.

Des trois hommes qui sont à la direction de FALCON STUDIOS, il n’en restera qu’un : Steve Johnson. Terry D. Mahaffey est décédé en 2005 et Todd Montgomery (aucun rapport avec son homonyme caméraman) a claqué la porte en 2008. Johnson ne restera toutefois pas longtemps à la tête du légendaire studio. La fusion de RAGING STALLION  avec AEBN, un géant de l’internet porno, annonce des acquisitions et d’autres fusions qui vont redessiner l’industrie du X gay US. À suivre la semaine prochaine, le dimanche 28 novembre, dans notre dernière partie consacrée à notre spécial FOREVER FALCON | 50e anniversaire de FALCON STUDIOS.

SOURCES :
• GayEroticVideoIndex.com
Bigger than Life : The History of Gay Porn cinema from Beefcake to Hardcore de Jeffrey Escoffier (Running Press – 2009)
• Magazines GAY VIDÉO et SPÉCIAL GAY VIDÉO
• pinktv.fr
• xbiz.com/gay
• avn.com/gay

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