Actus LGBT

« Chéries-Chéris 27ème édition » – Le palmarès !

Une programmation des plus fascinantes tout au long du 27e Festival Chéries-Chéris pour un palmarès qui ne peut qu’en être le reflet…

COMPÉTITION FICTION
Grand Prix

GREAT FREEDOM (GROSSE FREIHEIT)
Film de Sebastian Meise (Autriche – 2021)
L’histoire de Hans Hoffmann. Il est gay et l’homosexualité, dans l’Allemagne d’après-guerre, est illégale selon le paragraphe 175 du code pénal. Mais il s’obstine à rechercher la liberté et l’amour même en prison…

Jusqu’à la fin des années 1960, la persécution des homosexuels était autorisée de façon officielle en Allemagne du fait de l’article 175 du code pénal criminalisant l’homosexualité masculine. Après la Seconde Guerre Mondiale, certains d’entre eux sont même directement passés du camp de concentration à la prison. C’est le cas de Hans Hoffmann, grand romantique contrarié passant une grande partie de sa vie derrière les barreaux pour le simple fait d’aimer et de coucher avec d’autres hommes. À travers trois lignes temporelles qui s’entrecroisent avec fluidité, Sebastian Meise nous ouvre les yeux sur cette abomination de l’Histoire tout en rendant pleinement justice à un personnage libre envers et contre tout. Époustouflant, l’acteur Franz Rogowski porte avec une rare sensibilité ce drame puissant et romanesque, ovationné au Festival de Cannes 2021 et représentant de l’Autriche aux Oscars. L’un des plus grands films LGBT de ces dernières années !

COMPÉTITION FICTION
Prix du Jury

VALENTINA
Film de Cássio Pereira dos Santos (Brésil – 2020)
Valentina, une jeune fille trans de 17 ans, déménage dans une petite ville minière avec sa mère, Márcia, pour un nouveau départ. Craignant d’être victime de harcèlement dans sa nouvelle école, la jeune fille tente de préserver son intimité en s’inscrivant sous son nouveau nom. Cependant, la situation se complique rapidement lorsque la Direction exige injustement la signature du père absent pour l’intégrer dans l’établissement.

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Valentina signe les débuts remarquables devant la caméra de l’actrice trans et youtubeuse Thiessa Woinbackk, dans une chronique subtile traitant des multiples obstacles auxquels est confrontée une jeune Brésilienne pour embrasser sa nouvelle identité. Malgré la force inébranlable de sa mère pour lui faciliter le chemin, elle doit en effet faire face à la stigmatisation sociale et à des barrières bureaucratiques importantes. Impeccablement écrit et interprété, le film rappelle l’importance du suivi administratif pour que les jeunes personnes trans ne décrochent pas du système scolaire. Une œuvre gracieuse et positive, à portée universelle, évoquant de façon simple et frontale un sujet important.

COMPÉTITION FICTION
Prix d’interprétation

Celeste Cescutti & Ondina Quadri pour PICCOLO CORPO
Film de Laura Samani (Italie, France, Slovénie – 2021)
Italie, 1900. Le bébé de la jeune Agata est mort-né et ainsi condamné à errer dans les Limbes. Il existerait un endroit dans les montagnes où son bébé pourrait être ramené à la vie, le temps d’un souffle, pour être baptisé. Agata entreprend ce voyage et rencontre Lynx, qui lui offre son aide. Ensemble, ils se lancent dans une aventure qui leur permettrait de se rapprocher du miracle.

Pour son premier long-métrage présenté à la Semaine de la Critique – Cannes 2021, l’Italienne Laura Samani signe un chef-d’œuvre intemporel sur le pouvoir des femmes, la sororité et l’imaginaire de la foi. En confrontant la quête d’une mère endeuillée à l’ambiguïté de genre d’un brigand, cette fable itinérante célèbre une féminité marginale, complexe, dans un univers oscillant sans cesse entre le tragique et le miraculeux, l’archaïque et le poétique. La beauté épurée de la mise en scène et la ne partition musicale participent totalement de l’envoûtement, en plus de l’interprétation saisissante du duo d’actrices : Celeste Cescutti et Ondina Quadri.

COMPÉTITION DOCUMENTAIRE
Grand Prix

NOS CORPS SONT VOS CHAMPS DE BATAILLE
Documentaire d’Isabelle Solas (France – 2021)
Dans une Argentine schizophrène, divisée entre un conservatisme profond et un élan féministe inédit, le film dépeint les trajets de Claudia et Violeta dans leur cheminement politique et leur vie intime. Femmes trans se revendiquant travesties, elles se heurtent avec leurs camarades à la violence patriarcale, jusque dans leur chair. Convaincues d’être les actrices d’une révolution en cours à la croisée des luttes, face à la défiance du vieux monde, elles redoublent d’énergie pour inventer le présent, aimer et rester en vie.

Dans la lignée d’Indianara ou Bixa travesty, ce documentaire immersif se distingue par la densité exceptionnelle de son propos, à la fois queer et intersectionnel, politique et intimiste, osant se frotter à toutes les lignes de fractures actuelles sur le capitalisme, le patriarcat, la binarité, le féminisme, les questions de classe ou la problématique migratoire. Tout au long du film, Claudia, Violeta et leurs camarades proposent d’autre chemins que celui de la norme : d’autres corporalités, d’autres façons de vivre une histoire d’amour, d’autres manières de penser une action collective. À travers ces magnifiques trajectoires de lutte, Isabelle Solas filme leur volonté inaliénable de prendre leur place et d’avoir confiance en l’avenir.

COMPÉTITION DOCUMENTAIRE
Prix du Jury

SILENT VOICE
Documentaire de Reka Valerik (France, Belgique – 2020)
Jeune espoir du MMA (Mixed Martial Arts), Khavaj a fui la Tchétchénie lorsque son frère a découvert son homosexualité et promis de le tuer, sous la pression des persécutions du régime de Kadyrov. Arrivé à Bruxelles, et devenu mutique face au choc de ce qu’il a subi, le seul lien que Khavaj garde avec son pays sont les messages vocaux que lui envoie sa mère.

Après Bienvenue en Tchétchénie, Grand prix documentaire du 26e Chéries-Chéris, voici un nouveau témoignage glaçant des persécutions du régime tchétchène à l’égard des personnes LGBTQ+. Réfugié en Belgique, Khavaj est toujours en état de choc : la torture et les menaces de mort ont provoqué chez lui une aphonie psychogène, le rendant incapable de parler. Alors qu’il vit dans l’anonymat le plus total pour échapper à la diaspora tchétchène, le film dépeint ses premiers mois dans une ville où, entre peur et espoir, il tente de se reconstruire avec l’aide d’une organisation belge de protection des jeunes et d’une orthophoniste. En filmant au plus près le combat titanesque qu’il livre pour se réinventer, Reka Valerik signe une œuvre introspective poignante.

COMPÉTITION COURTS MÉTRAGES
Grand Prix

THE NIGHT TRAIN de Jerry Carlsson (Suède – 2020)
Oskar prend le train de nuit qui le ramène chez lui. Là, il rencontre Ahmad. Ensemble ils vont explorer leur désir mutuel.

 

COMPÉTITION COURTS MÉTRAGES
Prix du Jury ex æquo

LES DÉMONS DE DOROTHY de Alexis Langlois (France – 2021)
Dorothy se marre en écrivant son scénario. Mais sa productrice lui coupe l’envie de rire : va falloir arrêter les comédies queer ! Pour ne pas sombrer, Dorothy se réfugie dans sa série doudou. Mais ses démons ont décidé de lui rendre visite…

PLAYTIME de Simone Bozzelli (Italie – 2021)
Une mère veut jouer avec son fils qui ne veut pas lui parler. Un garçon veut savoir ce que son ami donne à une fille plus mince que lui. Un chat a disparu. Mais ce ne sont que des jeux.

 

COMPÉTITION COURTS MÉTRAGES
Prix spécial du Jury

PERCHÉS de Guillaume Lillo (France – 2021)
À bord de voitures qui le prennent en stop, un jeune homme raconte la dépression qui l’a conduit au centre médico-psychologique où il côtoie les Zozios, de drôles de zozos, libres et perchés comme des oiseaux.

 

 

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