"Chéries-Chéris" : Spécial patrimoine X français des années 1970

Si PinkX rend hommage au patrimoine du X gay Français en commençant dès les années 1980 avec Tendres adolescents (1980), Scouts (1981), Garçons de plage (1982), Le voyage à Venise (1986) et La main au feu (1989), cinq réalisations de Jean-Daniel Cadinot (1944 - 2008), il y eut dès les années 1970 un porno français qui se qualifiait alors d’« homosexuel hard core ». Chéries-Chéris honore ce porno travers quatre films : À la recherche de Douglas, Éric à New York, La chambre des phantasmes et Jeune proie pour mauvais garçons. Ce faisant, le festival international du film LGBTQIA+ de Paris rend hommage au réalisateur/producteur Norbert Terry ainsi qu’au directeur de la photo/réalisateur François About récemment décédés.
Philippe erre dans les rues de Paris et il s’abandonne à tous les plaisirs qui s’offrent à lui. Mais il ne parvient pas à oublier Douglas, son amant américain qui lui a fait découvrir le sexe. Parti à sa recherche, Philippe se retrouve bientôt à New York.

Chéries-Chéris : En 1979, alors directeur de la photographie sur New York After Midnight de Jacques Scandelari (1943 - 1999) , François About (1939 - 2026) reçoit de Norbert Terry (1924 - 2025) la commande de trois films hardcore. À la recherche de Douglas, premier volet de la trilogie, est aussi sa première réalisation. Le titre renvoie à Alfred Douglas, l’amant d’Oscar Wilde. Le film traverse rues, taxis, toits, quais, Village et Chelsea Hotel, faisant de New York le théâtre d’une dérive sexuelle et amoureuse. François About , diplômé de l’École Louis-Lumière en 1966, débute comme assistant opérateur auprès de Philippe de Broca, Maurice Pialat et William Klein. Il signe notamment la photographie du Musée (Jack Deveau, 1976) et de Johan (Philippe Vallois, 1976), avant de photographier la quasi-totalité des films pornographiques homos français sortis en salle notamment pour Norbert Terry et Jacques Scandelari. Ami de Jean Genet, il filme ses entretiens en 1981 et 1982. Il collabore ensuite intensivement avec les productions Marc Dorcel, signant la photographie de près d'une centaine de films sous le pseudonyme de Serge de Beaurivage.
Un jeune Français fraîchement arrivé à New York retrouve son ami Tom qui lui fait découvrir la « viande » de la ville et lui trouve un emploi dans un bar. Au fil des rencontres, Patrick s’abandonne avec enthousiasme aux plaisirs de la vie new-yorkaise.

Chéries-Chéris : Troisième volet de la trilogie new-yorkaise de François About, Éric à New York réunit plusieurs acteurs américains ayant tourné pour Jack Deveau (1935 - 1982). Jean-Jacques Privat, déjà présent dans les deux autres films, en devient ici le héros. About s’appuie sur ce remarquable casting américain pour enchaîner rencontres et performances sexuelles crues, auxquelles ce beau regard confère une réelle poésie érotique. Le film compose ainsi une chronique directe et charnelle du New York gay de la fin des années 1970.
À la recherche de Douglas et Éric à New York (Head Waiter) seront présentés l'un à la suite de l'autre le mercredi 18 novembre à partir de 20h30 au Forum des Image, Westfield Forum des Halles, 2 rue du cinéma, 75001 Paris, en présence de Patrick Laurent et Hervé Joseph Lebrun - RÉSERVATION : ICI
Dans sa chambre, un jeune homme solitaire laisse son regard vagabonder sur les affiches de films, photographies et dessins qui couvrent les murs. Peu à peu, ces images prennent vie et deviennent le point de départ de fantasmes où se mêlent souvenirs de cinéma, figures mythiques et désirs homosexuels.

Chéries-Chéris : Romancier, dessinateur, auteur et comédien de théâtre, Jean-Michel Sénécal (1943) forme avec Yves Jacquemard le duo Jacquemard-Sénécal, auteurs de la pièce culte Angel, puis lauréats du prix du Quai des Orfèvres en 1976 pour Le Crime de la maison Grün. La Chambre des phantasmes adopte une forme singulière : entièrement muet, le film construit une succession de rêveries à partir de l’imaginaire cinéphile de son personnage. Rhett Butler et Scarlett O’Hara (Autant en emporte le vent), Nosferatu ou encore Tadzio de Mort à Venise sont détournés dans une veine à la fois parodique et sexuellement explicite. Mais cette fantaisie s’inscrit aussi dans son époque : sur les murs de la chambre apparaissent des coupures de presse consacrées à l’activisme gay. Plusieurs interprètes appartiennent par ailleurs à l’univers de Lionel Soukaz (1953 - 2025) qui fait lui-même une apparition en réalisateur d’un spot publicitaire pour sous-vêtements. Le film mêle cinéphilie, militantisme et pornographie dans un montage de séquences et de références où affleure toute la culture homosexuelle de la fin des années 1970.
La chambre des phantasmes sera présenté le vendredi 20 novembre à 20h30 au Forum des Image, Westfield Forum des Halles, 2 rue du cinéma, 75001 Paris, en présence de Jean-Michel Sénécal, Patrick Laurent et Hervé Joseph Lebrun - RÉSERVATION : ICI
Didier, un jeune Toulousain, quitte sa famille et son ami Jean-Philippe pour fuguer à Paris. Dépouillé dès son arrivée, il est recueilli par un dandy qui l’introduit dans un monde où sa naïveté fait de lui une proie facile. De mauvaises rencontres en trafics, Didier est bientôt vendu à Tony Vizzavona, un proxénète. Jean-Philippe, qui n’a jamais cessé de l’aimer, part à sa recherche.

Chéries-Chéris : Deuxième film pornographique homosexuel de Norbert Terry après Hommes entre eux (1976), Jeune proie pour mauvais garçons retrouve son goût du camp et de la comédie érotique. Sous les dehors d’un récit d’apprentissage, le film suit un provincial naïf confronté, dès son arrivée à Paris, à la concupiscence, aux faux-semblants et à la corruption d’un monde qu’il brûle pourtant d’intégrer. Terry traite cette initiation comme une fable à la fois morale, amère et volontiers extravagante, portée par des dialogues d’une truculence audiardesque. Photographié par François About et tourné parallèlement à Et… Dieu créa les hommes de Jean-Étienne Siry (1940 - 2019), dont il partage certains décors et interprètes, le film témoigne aussi de l’intérêt de Terry pour le porno gay américain, dont certaines affiches apparaissent à l’écran. Entre mélodrame, satire et sexe explicite, Terry compose un objet profondément singulier, aussi grivois dans sa verve que baroque dans son ambition
Jeune proie pour mauvais garçons sera présenté le samedi 21 novembre à 20h30 au Forum des Image, Westfield Forum des Halles, 2 rue du cinéma, 75001 Paris en présence de Patrick Laurent et Hervé Joseph Lebrun - RÉSERVATION : ICI
